Interview exclusive : Loïc Maschi, spécialiste automobile, nous parle de la vente Osenat du 27 mai 2020

La célèbre maison d’enchères Osenat nous dévoile, pour sa prochaine vente Osenat du 27 mai 2020, un catalogue des plus incroyables. Reportée à la suite du COVID-19, la vente dite « du 21 mars 2020 » verra bien le jour, ce mercredi 27 mai 2020. Elle se tiendra à 14h45, exclusivement en ligne. Pour ceux qui préfèrent regarder avant d’acheter, il y a bien sûr le fameux showroom de Fontainebleau ! A l’occasion de la préparation de cette enchère tant attendue, ABSOLUTELY CARS en a profité pour rencontrer l’un des spécialistes automobiles de cette véritable institution lors du Salon Rétromobile 2020. Sous la direction de Stéphane Pavot, Directeur du département, Loïc Maschi, expert en automobile ancienne, participe, chaque jour, à la renommée d’Osenat, qui n’est plus nécessaire de vous présenter !

Loïc Maschi, spécialiste automobile chez Osenat

Nous vous rencontrons à l’occasion du célèbre salon Rétromobile 2020, où vous avez un stand afin de promouvoir la prochaine vente aux enchères d’Osenat, d’ores et déjà en préparation. En tant que spécialiste automobile d’une des plus grandes maisons d’enchères françaises, que représente le Salon Rétromobile pour vous ?

Il s’agit du rendez-vous incontournable pour tout amateur, passionné et professionnel de l’automobile. On expose des modèles aussi exceptionnels que rarissimes qui ont déjà trouvé leurs nouveaux propriétaires. Dans la même temps, on cherche de potentiels vendeurs pour les prochaines ventes. Cette année, nous sommes venus avec deux V12, l’un d’avant-guerre, une Packard Twin Six V12 de 1917 et l’autre des années 1960, une Lamborghini Miura P400S de 1969.

Travailler dans l’automobile peut être un rêve pour beaucoup de passionnés, mais on ne pense pas tout de suite au monde des enchères. Qu’est-ce qui vous a fait choisir cette voie ?

Tout d’abord, je souhaitais travailler dans la voiture ancienne et avoir un métier qui permet une certaine proximité avec l’automobile. Pouvoir les voir, les toucher, sentir leurs odeurs ou encore mettre les mains sous le capot restent des moments privilégiés, quelque soit le véhicule. L’aspect historique compte également beaucoup, du fait que j’adore écrire et effectuer des recherches sur le passé des voitures. A ma connaissance, il n’y a que deux professions qui offrent ces opportunités : le journalisme et le marché de l’art avec les ventes aux enchères. Cela permet de découvrir des véhicules à deux ou quatre roues toujours différents et de s’y attacher, voire peut-être un peu trop ! (rires) Au delà de cette passion professionnelle, je suis avant-tout un collectionneur… En effet, je suis propriétaire d’une Fiat 850 Coupé Sport de 1969. Je n’ai pas baigné dans le milieu automobile immédiatement, mais j’ai appris à m’y attacher, notamment via le Musée Schlumpf – Cité de l’Automobile de Mulhouse, considéré comme l’un des plus beaux musées au monde en termes de voitures de collection !

Pour ceux qui seraient intéressés par cette carrière professionnelle, quel en est le cursus universitaire ?

Au niveau de la formation, j’ai suivi des études d’histoire de l’art à la Sorbonne, obligatoire pour exercer dans ce milieu. Souhaitant être spécialiste automobile, j’ai réalisé de nombreuses activités en parallèle à mes études : organisateur de rallyes, restaurateur et journaliste ! Pour information, si vous voulez devenir commissaire-priseur, une formation de droit est essentielle et tout se passe sur concours.

Le marché de l’automobile regorge de maisons d’enchères, entre Artcurial, Bonhams ou encore Drouot, pour ne citer qu’eux. Pourquoi avez-vous choisi tout spécialement la Maison Osenat ?

Ce qui m’attire chez Osenat, ce sont la passion et une dimension à taille humaine. L’ensemble de l’équipe est passionné par ce qu’ils font, en particulier dans le département automobile où chaque acteur a déjà travaillé sur des voitures anciennes. On a même une ou plusieurs voitures dans notre garage et des différentes expériences ce qui nous permettent d’analyser, dans les moindres détails, les aspects techniques et esthétiques d’un modèle. On a la capacité d’expertiser le moteur, le processus de restauration, le pedigree historique et ce, des populaires aux ultra sportives ! En ce qui concerne la Maison Osenat, elle fait office de précurseur dans les ventes aux enchères automobiles, compte tenu que les premières ventes ont été réalisées en 1978. On est spécialiste des voitures d’avant-guerre, à l’image des voitures à vapeur exportées aux Etats-Unis par exemple, ainsi que de la période d’entre deux-guerre type Bugatti. On dispose également de voitures des années 1950-1960 avec leur style, leur charme et caractéristiques.

Quelle est l’image d’Osenat vis-à-vis des collectionneurs, aussi bien côté vendeurs qu’acheteurs ?

Je dirais une image de passionnés où chaque voiture est unique avec le même traitement. Ce qui nous intéresse n’est pas l’argent, mais l’automobile en général : la passion avant tout ! Cela passe par des relations étroites avec les clubs de véhicules d’avant-guerre, en Ile-de-France ou en Province. En région parisienne, on est localisé à Versailles et à Fontainebleau où les collectionneurs sont très nombreux. La surprise ultime reste la découverte de collections particulières conservées de générations en générations et qui n’ont pas roulé depuis de nombreuses années, comme l’incroyable collection de Packard proposée lors de notre prochaine vente. Il y a aussi l’arbre qui cache la forêt. Les voitures, c’est bien, mais la relation humaine est plus importante !

On ne sait pas ce que l’on va trouver lorsqu’on se déplace. Cette Lamborghini Miura P400S de 1969, en l’occurrence, était proche de la région parisienne, dans un pavillon assez traditionnel. Elle était peu connue des experts Lamborghini et le modèle est très rare. Il s’agit d’un véritable étonnement et depuis, tous sont venus la voir pour la référencer. Elle représente le clou de la prochaine vente aux enchères de Fontainebleau !

La prochaine vente aux enchères : la vente Osenat du 27 mai 2020

Avant d’aborder la prochaine vente aux enchères que vous organisez, nous vous proposons de revenir sur la vente aux enchères Osenat du 25 janvier 2020. Quels sont les véhicules qui vous ont le plus marqué ?

En tant que première vente de l’année, celle du 25 janvier 2020 était plus axée sur les classiques et youngtimers. On proposait, par exemple, une Ferrari Testarossa qui a atteint la barre des 76 000€, forte d’un kilométrage faible, d’un entretien suivi et d’équipements entièrement d’origine. On est, bien sûr, toujours un peu déçu quand des modèles ne partent pas, mais le marché évolue sans cesse. On tente de proposer des modèles plutôt atypiques à l’image de la Honda NSX équipée d’une boîte manuelle, mais cela nécessite un intérêt spécifique de la part des collectionneurs.

L’un de nos coups de cœur, en janvier, a été la Salmson 2300S de 1954. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce modèle ?

Cette Salmson 2300S a couru les circuits internationaux dont le Monte-Carlo. Très peu connue du grand public, elle est à l’origine de la préparation du moteur des Alfa Romeo des années 1960. Il s’agit de l’une des dernières produites par la marque qui s’est illustrée à Linas-Monthléry et à Reims face aux Bugatti. Désormais, seuls les clubs Salmson pérennisent la marque et ses modèles.

Il y avait une deuxième vente, le 25 janvier 2020 : la collection « Automobilia ». Nous étions présents et nous pouvons dire qu’elle a fait aussi sensations !

En effet, au-delà des voitures, les passionnés et collectionneurs assouvissent leur désirs d’enfant au travers d’objets décoratifs. On cherche à acquérir des plaques émaillées, des brochures commerciales, des sculptures… Les acheteurs de ces accessoires sont régulièrement les mêmes que ceux qui sont les propriétaires des modèles. L’engouement envers des lots type documentations offrent une lecture complète sur des modèles iconiques. Nous pouvons citer, par exemple, le lot sur Citroën, qui était très bien conservé. On la retrouvera, en parallèle de la vente d’automobiles de collection, avec une trentaine d’objets proposés sur des valeurs plus élevées.

Quant à la prochaine vente d’automobiles de collection réalisée par Osenat, que nous réserve-t-elle ?

Il s’agit de l’une des ventes essentielles et de prestige de la Maison Osenat après Rétromobile. Avec cette Packard Twin Six V12 de 1917 et cette Lamborghini Miura P400S de 1969, on présente sur notre stand deux des modèles qui vont être proposés à la vente, le jour J. On pourra compter sur la présence d’une soixantaine de voitures avec des prix s’échelonnant entre 20 000 et 1 000 000€.

A noter que cette Packard Twin Six V12 de 1917 représente le premier moteur de ce type, dérivé de l’aviation, produit en série sur une voiture. Cependant, il ne s’agit que d’un essai, car le constructeur a rapidement abandonner cette motorisation pour revenir au V8. Il y aura d’autres Packard lors de la vente en berline, coupé et cabriolet. Soyez rassuré ! On note, bien évidemment, des véhicules vintages et youngtimers au catalogue. Mais je vous en laisse la surprise !

Du côté des « modernes », une autre Lamborghini se dénotera : une Lamborghini Murcielago LP640-4 Roadster avec, sous le capot, le dernier V12 issu de la Lamborghini 350GT. Elle fait partie du milieu de la collection, car elle est de plus en plus prisée par les collectionneurs.

Vous pourrez retrouver l’ensemble des modèles proposés à la vente sur le site d’Osenat, en attendant notre prochain article. Pour rappel, la vente aux enchères se tiendra le 27 mai 2020, à partir de 14h45, sur le site d’Osenat.

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS

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