Saga Shooting Brake : Porsche

Apparu au Royaume-Uni dans les années 1920/1930, le shooting brake, résultant de la transformation d’un coupé en break de chasse, a conquis toute la planète automobile. Il deviendra un effet de mode planétaire dans les années 1960/1970, étant repris par les plus grands constructeurs automobiles, d’Aston-Martin-Lagonda à Ferrari en passant par Porsche. De part leur rareté, leur exclusivité et leur originalité, ils suscitent l’intérêt des clients à la recherche d’un modèle unique. En effet, plus qu’un véhicule recarrossé, ces modèles connaissent des changements réalisés en profondeur que ce soit au niveau de la carrosserie et de l’intérieur. Pour ce troisième volet de cette saga consacrée au « Shooting Brake », ABSOLUTELY CARS vous fait découvrir les principaux « station wagon » du constructeur de Stuttgart !

La Porsche 914/6R Breadvan, un prototype ayant du style

Le premier shooting brake Porsche de cet article est sans aucun doute le plus célèbre d’entre tous : la Porsche 914/6R Breadvan. Aussi connue sous le nom de Porsche 914 Goertz, ce prototype a été dessiné par Albrecht Graf von Goertz à qui nous devons entre autres les premières esquisses de la Toyota 2000GT et le design des BMW 503/507. Reposant sur la structure de la Porsche 914, il lui offre une carrosserie de type « Breadvan » avec son nez pointu et ses lignes carrées. Modélisée en plasticine par son créateur, elle sera par la suite fabriquée en tôle par la Carrozzeria Eurostyle et équipée d’un 6 cylindres 2.0 de 110ch. Exposée au Salon de l’Automobile de Turin 1970, le constructeur de Stuttgart est séduit. Une production en petite série est même envisagée, mais finalement la marque allemande ne donnera pas suite à cette proposition. Seuls deux exemplaires seront produits en 1970. L’un est exposé au Musée de Langenburg tandis que l’autre appartient à un collectionneur privé.

Les Porsche 924/944 DP Cargo, les breaks de chasse conçus par DP Motorsport

La Porsche 924 a également eu son shooting brake, réalisé, cette fois-ci, par le préparateur allemand DP Motorsport à qui nous devons certains exemplaires des 24 Heures du Mans à l’instar de la Kremer 935 K3, gagnanes des 24H du Mans 1979. Dans les années 1980, ce spécialiste reçoit plusieurs commandes pour des shooting brake. Pour effectuer la transformation, il renforce le châssis avec un cadre tubulaire et modifie la carrosserie par l’ajout d’un toit en fibre de verre allongé en provenance de la Volkswagen Passat, de vitres latérales arrières agrandies, d’un coffre à hayon et de jantes en alliage (Fuchs en option). Les options sont limitées : châssis rabaissé, rétroviseurs « obus », pare-chocs spécifiques, prises d’air NACA et ailes élargies. L’habitacle se voit revu au niveau du volant, de la sellerie baquet, des garnitures, de la stéréo et des sièges arrières rabattables à plat. Le cuir est également de rigueur à l’intérieur de la Porsche 924 DP Cargo. Côté mécanique, le moteur est en adéquation ave le choix du clients, c’est-à-dire soit celui d’origine de 125ch, soit le Turbo de 170ch. Quant au système de freinage, celui-ci peut être équipé de disques. Réalisée en trois exemplaires, l’ensemble de ces modifications a nécessité un travail de deux mois pour un supplément de 18 000€.

DP Motorsport réalisera aussi des Porsche 944 shooting brake, dénommées Porsche 944 DP Cargo. Tout comme le modèle précédent, cette voiture a vu sa structure renforcée via un cadre tubulaire acier et un toit en fibre de verre. Elle offre une surface vitrée arrière retravaillée et chauffante ainsi qu’un hayon de coffre verrouillable automatiquement. La liste des options est similaire à celle de sa devancière : châssis rabaissé, rétroviseurs « obus », pare-chocs spécifiques, échappement des prises d’air NACA, suspensions sport des ailes élargies et jantes « Fuchs ». L’habitacle opte pour une finition full cuir y compris sur le volant signé « DP », le tableau de bord, les sièges, les garnitures et le ciel de toit. Une fois la banquette arrière rabattue, on dispose même d’un plancher plat. Demandant autant de travail que son aînée pour un budget similaire, elle a été produite à 6 exemplaires.

La Porsche 924 Artz Kombi, une autre vision

La Porsche 924 a inspiré bien des carrossiers dont l’Allemand Günter Artz qui donna vie à sa vision du break de chasse avec la Porsche 924 Artz Kombi. Sa ligne est revue afin d’en bodybuilder l’aspect. Elle se dote de prises d’air, des pare-chocs spéciaux, des ailes élargies, des jantes Fuchs 16 pouces (225/50) et d’un petit hayon arrière. Outre un physique avantageux, son capot abrite un 4 cylindres turbo 2.0 de 170ch lui permettant d’atteindre les 225 km/h ! Vendue 62 790 Deutsche Mark, elle fut produite à 20 unités.

La Porsche 928-4, le premier break de chasse de Porsche

La Porsche 928-4 était à l’origine un cadeau réalisé par les employés du constructeur de Stuttgart à Ferry Porsche, fils du fondateur de la marque, à l’occasion de son 75ème anniversaire, en 1984. Développé en 9 mois, ce break de chasse dispose d’un empattement allongé de 25cm pour bénéficier de quatre vraies places. Son habitacle est un subtil mélange de cuir et de tissus verts, en adéquation avec la couleur de sa carrosserie. A l’extérieur, comme tout « station wagon« , il se dote de deux portes et de l’hayon. Dans son relookage, il perdra, hélas, ses phares escamotables, se voyant équipé de phares ronds. Côté mécanique, il est armé du nouveau V8 5,0 l de 310ch d’origine Mercedes-Benz, accouplé à une boîte automatique 4 rapports. Les performances sont là : le 0 à 100 km/h est abattu en 6,5 secondes pour une vitesse maximum de 260 km/h ! Une petite merveille !

Cette voiture exceptionnelle servira d’inspiration, en 1987, pour le break de chasse Porsche 928 H50. Reposant, cette fois-ci, sur la base de la Porsche 928 S4, ce modèle s’offre des portes antagonistes, des phares escamotables et un V8 5.0 de 330ch. Hélas, son châssis pas assez renforcé aura raison de ce prototype qui ne sera dévoilé au grand public que 25 ans plus tard, au Concours d’Elégance de Pebble Beach en Californie !

La Porsche Panamera Sport Turismo, le premier produit en série

Le premier break de chasse Porsche de série est le Porsche Panamera Sport Turismo. Avec ce modèle, le constructeur allemand investit officiellement ce segment bien particulier. Mais, il faut savoir que sans l’engouement qu’il a suscité lors de sa présentation lors Mondial de l’Automobile de Paris 2012, il aurait pu rester en état de prototype ! Lancé en 2017, il est très similaire à sa version classique, notamment en conservant son gabarit. Les grandes différences sont son châssis surbaissé de 14 cm et sa partie arrière complètement inédite dotée d’un aileron actif ! L’intérieur est grand avec ses quatre places et sa cinquième d’appoint. L’habitacle est équipé d’un tableau de bord high-tech, d’une assistance de conduite ultra-complète, de sièges avants massant, d’une banquette arrière rabattable électriquement et d’un coffre s’ouvrant « au pied » de 520 litres (1300l si les sièges arrières sont rabattus). Côté moteur, il y a le choix : le thermique classique (essence ou diesel), le turbo et l’hybride en V6 ou en V8 ! La puissance développée est comprise entre 330ch avec le 3.0 et 680ch avec le 4.0. Les performances varient selon les finitions avec le 0 à 100 km/h abattu en 5.5 secondes pour la version « basique » et en 3.4 pour le V8 4.0 V8 680ch Turbo S E-Hybrid. En version hybride, l’autonomie full électrique atteint une cinquantaine de kilomètres pour une vitesse maximum de 140km/h.

Le Porsche Boxster Shooting Brake, un projet réussi

Le constructeur de Stuttgart continue à inspirer les carrossiers. C’est le cas du préparateur hollandais Van Thull Development qui s’est lancé dans l’aventure de construire son propre Porsche Boxster Shooting Brake sur la base d’une Porsche Boxster 986. La structure est entièrement revue pour accueillir une carrosserie plus allongée dotée d’un toit. Tout en préservant la signature de la firme de Stuttgart, les boucliers et les phares ont été transformés et reprennent certains éléments de la Porsche 911 GT3 type 997 (toit rigide, capot, optiques, pare-chocs…). A noter les portes, les vitres latérales et le bouclier proviennent de la Porsche 911 type 996 et que la vitre arrière a été prélevée sur une Peugeot 308SW. Le toit, quant à lui, a été construit avec une coque en polyester. Cette voiture est, cependant, une stricte biplace et la capacité de coffre reste minime. En effet, le moteur 6 cylindres conserve sa position centrale arrière. Entièrement fait main et terminé en 2020, ce véhicule n’existe qu’en un seul exemplaire, mais un kit de conversion est en cours de développement.

Le Porsche Taycan Cross Turismo, le break de chasse 100% électrique

Nous ne pouvions pas conclure cet article sans vous parler du petit dernier : le Porsche Taycan Cross Turismo. En effet, après l’annonce de la commercialisation de son premier véhicule 100% électrique en 2020, la firme de Stuttgart nous dévoile sa nouvelle vision du break de chasse en 2021. Se voulant plus baroudeur que la précédente génération de shooting break Porsche, il est équipé d’une double motorisation électrique (440kw- 800V). Cela lui confère une puissance équivalente à 600ch, une autonomie de 500km et une recharge rapide (80%) en 15 minutes. Les performances s’affichent clairement : le 0-100 en 3.5 secondes. Comme quoi, le break de chasse est plus que jamais d’actualité !

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives

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