
Cité de l’automobile – Musée national – Collection Schlumpf de Mulhouse
Carl Benz fut un précurseur dans le domaine des véhicules équipés de moteurs à combustion interne 4 temps. La date du dépôt du brevet en atteste. Cependant, il ne s’agissait pas uniquement de schémas et documents, son tricycle étant réel, concret et fonctionnel. Son épouse Bertha Benz assura la promotion de ce véhicule avec panache.
ABSOLUTELY CARS vous invite à redécouvrir la fameuse aventure des véhicules Benz.
Bertha Benz, le soutien inconditionnel de Carl Benz !
Le 9 juillet 1864, Carl Benz (1844-1929) acheva avec succès ses études suivies à l’École polytechnique de Karlsruhe. En 1871 à Mannheim, il fonda l’Eisengießerei und mechanische Werkstätte (fonderie de fer et atelier mécanique) grâce à la dot de sa future épouse, Bertha Benz née Ringer (1849-1944). Ils se marièrent le 20 juillet 1872. Rapidement, l’entreprise fut rebaptisée Fabrik für Maschinen zur Blechbearbeitung (usine de machines de traitement de tôles). Entre 1878 et 1879, il mit au point un moteur deux temps fonctionnant au gaz. La société évolua et prit comme dénomination en 1882, Gasmotorenfabrik in Mannheim A.G. Quittant cette dernière, Carl Benz fonda la Benz & Cie le 1er octobre 1883. L’objectif demeurait le même, fabriquer des moteurs stationnaires. Cependant, il se donna plus de liberté pour développer un moteur stationnaire 4 temps dont le but ultime était de mouvoir un véhicule. Le 29 janvier 1886, il déposa le brevet DRP-37435 ayant trait à un tricycle motorisé.
Le 1er août 1888, Carl Benz obtint le premier permis de conduire au monde (délivré par le bureau du district grand-ducal de Bade) pour conduire la dernière version de son tricycle. Cependant, son épouse voulut évaluer l’impact que pourrait connaître cette invention. Au petit matin du 5 août 1888, elle quitta Mannheim, sans prévenir son mari, pour rejoindre sa mère à Pforzheim, à environ 106km. Elle embarqua ses deux fils, Eugen Benz (1873-1958) et Richard Benz (1874-1955), et prit le volant du Benz Patent-Motorwagen n°3. Elle attint Pforzheim après une journée éprouvante et envoya un télégramme à Carl Benz pour le rassurer. Elle revint le 7 août 1888 en empruntant un autre itinéraire. Bertha Benz fut la première conductrice de l’histoire et la presse fit écho de cet exploit.
Les tricycles Benz Patent-Motorwagen furent fabriqués jusqu’en 1894. Les automobiles reprenant des motorisations similaires (munies de soupapes d’admission automatiques) furent produites de 1893 à 1902. Lorsqu’elles étaient équipées d’une boîte à vitesses 3 ou 4 rapports, la marche arrière était présente. La gamme Benz Contra-Motoren était équipée d’un bicylindre à plat tout comme la Benz Ideal de 1902.

Automuseum Dr. Carl Benz de Ladenburg

Cité de l’automobile – Musée national – Collection Schlumpf de Mulhouse

Graduellement, l’implantation du moteur se déplaça de l’arrière vers l’avant tant et si bien que la Benz Elegant, construite entre 1900 et 1902, fut la première Benz muni d’un monocylindre implanté à l’avant. Ses roues arrière étaient plus grandes que celles montées à l’avant. Cependant, les actionnaires n’étaient pas satisfaits car les moteurs stationnaires et les automobiles disposaient d’une plage de régime réduite, les boîtes à vitesses 4 rapports portant une réponse considérée comme limitée. Au grand dam de Carl Benz, ils embauchèrent le motoriste autodidacte français Marius Barbarou.
Marius Barbarou (1876-1956) présenta un V2 lors de l’Exposition Universelle de Paris de 1900. Il fut immédiatement embauché par Adolphe Clément. Il arriva à Mannheim avec son équipe en 1902. Carl Benz fit tout son possible pour que la nouvelle équipe fût évincée, en devenant président du conseil de surveillance. En mai 1904, l’équipe regagna Paris et, entre juin 1904 et mars 1914, elle œuvra pour Delaunay-Belleville. Elle travailla ensuite pour Lorraine-Dietrich dans la conception des moteurs d’automobiles et d’avions. La consécration vint avec les Lorraine-Dietrich B3-6 qui remportèrent sept podiums dont deux victoires aux 24 Heures du Mans.
Pour Benz, Marius Barbarou et son équipe créèrent la gamme Benz Parsifal :
- roues identiques à l’avant et à l’arrière,
- abandon des 2 cylindres à plat pour réduire les coûts de production,
- régime plus étendu pour les bicylindres munis de soupapes d’admission automatiques,
- introduction de monocylindres, bicylindres et 4 cylindres munis de soupapes latérales (deux arbres à cames latéraux et disposition des soupapes en T),
- adoption de la transmission par cardans hormis les Benz Parsifal 35 PS et 16/20 PS, la transmission par chaînes étant optionnelle sur la Benz Parsifal 22 PS.

Les actionnaires Georg Diehl et Fritz Erle ne voulurent pas une remise en cause du travail effectué par Marius Barbarou et son équipe. Ils chargèrent Hans Nibel (1880-1934) de poursuivre les évolutions. Les Benz munies de 3 empattements différents proposaient une transmission optionnelle par chaînes. Les Benz 60 PS et Benz 70 PS (dénommées respectivement Benz 33/60 PS et Benz 37/70 PS à partir de 1909) étaient uniquement équipées d’une transmission par chaînes. Des Benz furent engagées dans les Prinz-Heinrich-Fahrt. La technologie « soupapes en T » fut préservée jusqu’en 1910.

Tout en conservant son poste de président du conseil de surveillance, Carl Benz créa avec son fils Eugen, la C. Benz Söhne, le 9 juin 1906 à Ladenburg. En 1908, son second fils, Richard, les rejoignit. Elle fabriqua des pièces mécaniques et quelques 300 voitures, fort proches des Benz contemporaines. Intégrée chez Daimler-Benz en 1926, l’usine cessa son activité en 2010.



Les Benz munies de soupapes en « L »

Autoworld Bruxelles
Dès 1908, une nouvelle gamme de moteurs devint disponible : un arbre à cames latéral et disposition des soupapes en L. La première qui en fut équipée, fut la Benz 10/18 PS. Cette distribution présentait comme avantages, d’être peu onéreuse à fabriquer tout en étant suffisamment efficace.
En 1907, Benz s’associa avec la Süddeutsche Automobil-Fabrik de Gaggenau, un constructeur de bicyclettes et de véhicules utilitaires. Elle prit son contrôle en 1909 et fabriqua des utilitaires Benz à partir de 1910. Suite à la fusion entre Daimler et Benz le 28 juin 1926, l’usine s’orienta sur la fabrication des boîtes à vitesses, des organes mécaniques, des composants de poids lourds.
Le 12 octobre 1908, fut inaugurée la nouvelle usine de Luzenberg. Elle était dédiée à la fabrication des moteurs et à l’usinage de pièces mécaniques. Elle poursuivit son activité après la fusion entre Daimler et Benz.
Le 8 novembre 1909 à Brooklands au Royaume-Uni, le français Victor Hémery (1876-1950) battit le record de vitesse terrestre avec 186,57km/h sur une distance d’un mile au volant de la Blitzen-Benz (ou Benz 82/200 PS). Le 24 juin 1914 à Brooklands, le britannique Lydston Hornsted (1883-1957) battit le record de vitesse terrestre avec 199,70km/h sur une distance d’un mile avec une voiture similaire. La marque Benz entrait dans la légende !
Grâce à ses records de vitesse terrestre, à sa production des camions et autobus, Benz fut le plus important constructeur allemand sur la période aboutissant à l’année 1918.

En 1922, les ateliers de l’usine de Mannheim dédiés aux moteurs stationnaires furent cédés à un groupe financier berlinois qui les exploita sous la dénomination Motoren-Werke Mannheim AG (MWM).
En 1925, les 4 freins à tambours furent adoptés. Les voitures les plus remarquables techniquement, de l’entre-deux-guerres, furent les Benz 6/18 PS et Benz 6/45 PS produites respectivement entre 1918 et 1921, entre 1921 et 1923. Elles étaient équipées d’un arbre à cames en tête ! Cependant, ces véhicules étaient réputés peu fiables. L’usine de Mannheim fabriqua entre 1919 et 1927, 13647 voitures, entre 1919 et 1926, 7874 utilitaires. Suite à la fusion entre Daimler et Benz le 28 juin 1926, l’usine s’orienta vers la fabrication des véhicules utilitaires. Carl Benz demeura président du conseil de surveillance jusqu’à son décès.

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Les Mercedes-Benz « Mannheim »
Hans Nibel conçut les Mercedes-Benz W10 et W19. Construites à Stuttgart entre 1929 et 1933, statutaires, ces deux séries furent baptisées Mercedes-Benz Mannheim pour bénéficier de l’image valorisante du site industriel de Mannheim. Le 6 cylindres de 3468cm³ était accouplé à une boîte à vitesses 3 rapports ; le 6 cylindres de 3688cm³, à une boîte à vitesses 3 rapports pouvant être dotée d’un 4ème rapport surmultiplié ; le 8 cylindres de 3823cm³, à une boîte à vitesses 4 rapports munie d’un 5ème rapport surmultiplié.
En 1965, l’usine de Wörth am Rhein débuta l’assemblage de camions Mercedes-Benz complets. Elle se développa pour devenir la principale usine de fabrication des poids lourds du groupe Mercedes-Benz Group AG.


Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives



