Lotus Cars, une belle histoire signée Colin Chapman et Hazel Williams (2/2)

Lotus Cars fut fondée le 1er janvier 1952, à Hornsey, il y a 70 ans. L’image de ce constructeur britannique est indéniablement lié à celle de Anthony Colin Bruce Chapman, ingénieur et génie de l’automobile ! Il dirigea son entreprise avec sa femme, Hazel Williams qui perdura son œuvre même après sa disparition, le 16 décembre 1982, il y a 40 ans. Gardienne de l’ADN Lotus, la tradition voulait qu’on lui montrât la dernière voiture de route avant qu’elle ne fût dévoilée au public ! Ainsi, après une première partie consacrée à la naissance de la Lotus Engineering Compagny Limited jusqu’à la transcendante Lotus Elan, en passant par l’éternelle Lotus Seven, l’aventure continue avec ce deuxième volet. Rendant hommage à Colin Chapman et Hazel Williams, ABSOLUTELY CARS vous propose d’ouvrir un nouveau chapitre sur cette sage de passionnés au service de clients passionnés !

La Lotus Europa, une voiture signée Ron Hickman

Présentée le 20 décembre 1966, les premiers exemplaires de la nouvelle Lotus Europa furent livrés en février 1967… en France. La structure du châssis était fort proche de celle de la Lotus Elan. Cependant, son 4 cylindres emprunté à la Renault 16, était implanté en position centrale longitudinale arrière. Un coffret était, bien entendu, implanté entre la poupe et le moteur. Les phares étaient fixes. Les freins à disques n’étaient installés qu’à l’avant. A l’instar de la Lotus Elan, son style était dû à Ron Hickman (1932-2011). Entre 1971 et 1974, ce coupé 2 places reçut un 4 cylindres Ford-Lotus muni d’un double arbre à cames en tête et de deux carburateurs. L’empattement fut alors porté de 2,31m à 2,34m. Sur 9987 unités, 50% furent équipées du 4 cylindres Ford-Lotus.

1973, l’année charnière pour Lotus

1973, ce fut l’année du premier choc pétrolier qui engendra une inflation galopante des prix des matières premières et à la consommation. Egalement, la même année, le Royaume-Uni rejoignit la Communauté européenne, le 1er janvier 1973 plus précisément, une année noire pour les passionnés britanniques de voitures de sport. En effet, les avantages fiscaux appliqués aux voitures vendues en kit furent immédiatement retirés. Désormais, l’acquisition d’une véritable voiture de sport était synonyme de revenus confortables. Sur plus de 24 000 exemplaires réalisés en 20 ans (hors Lotus/Ford Cortina), une grande quantité de Lotus fut assemblée dans le garage d’un simple particulier. Bien entendu, cela engendra une réorganisation de l’usine de Hethel pour mettre en place des lignes de production plus conséquentes financées par la mise sur le marché de voitures plus onéreuses.

Entre 1974 et 1982, 2 535 breaks de chasse Lotus Elite 4 places furent assemblés. Son châssis provenait de la Lotus Elan avec un empattement porté à 2,48m pour une longueur de 4,46m (4,56m pour la version nord-américaine). Des protections métalliques anti-intrusion étaient logées dans les portières. Le design de sa carrosserie en fibre de verre était dû à Oliver Carton Winterbottom (1944-2020). Les phares rétractables étaient bien présents pour un Cx de 0,3. Son 4 cylindres, de conception et de marque Lotus, était muni d’un double arbre à cames en tête, de 16 soupapes et de deux carburateurs. Une glace était insérée entre le coffre et l’habitacle. Les freins à disques n’étaient montés qu’à l’avant. Quelques exemplaires furent livrés avec une boîte à vitesses manuelle 4 rapports. La climatisation et la direction assistée étaient disponibles en options. Lors de son lancement, la Lotus Elite fut la voiture la plus chère équipée d’un quatre cylindres au monde !

Entre 1975 et 1992, un coupé 2 portes fastback similaire au break de chasse Lotus Elite et dessiné par le même designer, fut proposé. Il porta plusieurs dénominations :

  • Lotus Eclat, entre 1975 et 1982, avec le même empattement que le break de chasse et une longueur de 4,46m (4,56m pour la version nord-américaine)
  • Lotus Eclat Excel, entre 1982 et 1983, avec une longueur de 4,38m
  • Lotus Excel, entre 1983 et 1992, avec un empattement porté à 2,49m pour une longueur de 4,39m

En 17 ans de carrière, le coupé 2 portes fastback ne fut fabriqué qu’à 3 681 exemplaires, soit légèrement plus de 200 unités en moyenne par an.

La Lotus Esprit, une « James Bond Car » pas comme les autres !

Entre 1976 et 2004, une berlinette fut disponible : la fameuse Lotus Esprit, munie de 3 portes dont une qui permettait l’accès au 4 cylindres central longitudinal arrière muni d’un double arbre à cames en tête, de 16 soupapes et de deux carburateurs. L’empattement du châssis de sa devancière, la Lotus Europa, fut porté de 2,34m à 2,44m. Les 4 freins à disques étaient présents. Une seule boîte à vitesses fut disponible : manuelle 5 rapports. Elle porte rétrospectivement plusieurs surnoms :

  • Lotus Esprit Giugiaro lorsqu’elle fut assemblée entre 1976 et 1987. En effet, elle fut dessinée par le célèbre designer italien Giorgetto Giugiaro (1938-….). La longueur de la Lotus Esprit était comprise entre 4,19m et 4,29m.
  • Lotus Esprit Stevens lorsqu’elle fut produite entre 1987 et 1993. Elle fut restylisée par le designer britannique Peter Stevens (1943-…). La longueur de la Lotus Esprit était comprise entre 4,32m et 4,33m.
  • Lotus Esprit Thomson lorsqu’elle fut fabriquée entre 1993 et 2004. Elle fut restylisée par le designer britannique Julian Thomson. La longueur de la Lotus Esprit était comprise entre 4,3m et 4,42m.

Entre 1996 et 2004, la Lotus Esprit fut équipée d’un magnifique V8 de 3506cm3 muni de deux double-arbres à cames en tête, de 32 soupapes et de deux turbocompresseurs. Son empattement était ramené à 2,42m. La Lotus Esprit GT3, disponible entre 1996 et 1999, fut la seule 4 cylindres reposant sur un empattement de 2,42m. En 28 ans de carrière, elle fut assemblée à 10 675 exemplaires, soit une moyenne annuelle de 380 unités, 14% étant équipés d’un V8.

Les années 1980, des années en noir pour Lotus

L’année 1979 fut marquée par le second choc pétrolier. En difficultés financières, Colin Chapman voulut vendre, auprès des autres constructeurs, son 4 cylindres de 2172cm3 muni d’un double arbre à cames en tête, de 16 soupapes et de deux carburateurs double corps. Sunbeam, filiale de Chrysler Europe, s’en porta acquéreur et ce moteur fut monté dans une compacte qui présentait la particularité d’être une propulsion 3 portes équipée de roues indépendantes seulement à l’avant. PEUGEOT achetant à cette époque CHRYSLER Europe, cette voiture modifiée par LOTUS, munie de freins à disques à l’avant, d’un empattement de 2,41m pour une longueur de 3,83m, porta plusieurs dénominations : Simca-Chrysler Sunbeam Lotus entre 1979 et 1980, Talbot-Simca Sunbeam Lotus en 1980 et Talbot Sunbeam Lotus entre 1980 et 1981. Présentée en avril 1979, elle fut rapidement engagée dans les rallyes, la puissance de son moteur passant alors de 155 à 255 chevaux. Elle fut championne du monde WRC en 1981 ! En 1982, une tentative sans lendemain fut effectuée avec une Citroën Visa, le moteur de la Lotus Esprit Turbo étant implanté en position centrale longitudinale arrière.

1982, une autre année noire… En janvier, le gouvernement britannique découvrit que John DeLorean avait construit à Dunmurry près de Belfast, moins de 8000 DeLorean DMC-12 et que l’équivalent de 23 millions de livres sterling, soit près de la moitié des fonds reçus en 1974, avaient été transférés sur un compte panaméen sous le nom de General Product Development Services, une société destinée à rémunérer Lotus pour son implication dans le développement de cette voiture dessinée par Giorgetto Giugiaro. De plus, Colin Chapman devait faire face à l’effondrement des ventes de ses voitures aux USA. Il était également profondément désillusionné par le monde de la Formule 1 et surtout par la FIA qui ne cessait d’interdire ses innovations technologiques. Ainsi, il délaissa la direction du Team Lotus à Peter Warr. Fatigué, il mourut d’une crise cardiaque dans la nuit du 15 au 16 décembre 1982 à l’âge de 54 ans.

Hazel Chapman qui siégeait aux conseils d’administration d’un certain nombre de ses sociétés, notamment ceux de l’équipe de Formule 1 Team Lotus, de la marque de voitures de sport Lotus Cars et Lotus Components, reprit le flambeau pour pérenniser Lotus. La tradition voulait que la société lui montrât la dernière voiture de route avant qu’elle ne fût dévoilée au public, malgré le rachat de Lotus en 1986 par General Motors, puis en 1993 par l’ACBN Holdings détentrice de la marque Bugatti, puis en 1996 par le constructeur malaisien Pronton.

La Lotus Elan M100, l’unique traction Lotus à ce jour

Entre 1989 et 1995, Lotus fabriqua à 5 374 exemplaires un roadster sans défaut, pour ne pas dire parfait : la Lotus Elan M100. Cependant, il ne possédait pas l’ADN Lotus. En effet, le châssis-poutre fut adapté pour implanter transversalement à l’avant un 4 cylindres de 1588cm3 muni d’un double arbre à cames en tête d’origine Isuzu. Il entraînait les roues avant au travers d’une boîte à vitesses manuelle 5 rapports, sacrilège ! Les 4 roues indépendantes, les 4 freins à disques et la carrosserie en fibre de verre étaient bien présents. Son empattement était de 2,25m pour une longueur de 3,8m. Son design était dû à Peter Stevens. L’outillage fut finalement vendu au constructeur coréen KIA qui diffusa à 1000 unités cet élégant roadster sous différentes dénominations : KIA Elan en Corée, KIA Vigato au Japon, KIA Roadster en Europe. Sa longueur était de 3,88m.

Les Lotus produites entre 1990 et 2021

Entre 1990 et 1992, Lotus réalisa à Hethel, à 950 exemplaires, une berline dénommée Lotus Carlton et Lotus Omega. Cette propulsion exploitait une boîte à vitesses 6 rapports ZF. Son empattement était de 2,73m pour une longueur de 4,77m.

Entre 1996 et 2021, Lotus réalisa à 35 124 exemplaires un targa dénommé Lotus Elise. Son châssis était extrêmement léger, 65kg sans l’arceau arrière, utilisant les techniques de collage et l’aluminium extrudé. Son moteur était implanté en position centrale transversale arrière. Stricte 2 places, cette nouvelle sportive renouait avec le passé glorieux de la marque. Son empattement était de 2,3m pour une longueur comprise entre 3,73m et 3,82m. Sa boîte à vitesses manuelle offrait 5 rapports lorsque son moteur était d’origine Rover, 6 rapports lorsque son 4 cylindres était d’origine Toyota hormis le 136 chevaux démuni d’un compresseur. Son design était dû à Julian Thomson. Ce roadster fut assemblé à Hethel et à Shah Alam en Malaisie.

En 1999, la Lotus Elise fut complétée par une œuvre structurale : la Lotus 340R réalisée à 340 unités.

Entre 2000 et 2021, la firme de Hethel réalisa à 10 497 exemplaires le coupé Lotus Exige, originellement issu du targa Lotus Elise. Son toit n’était pas amovible : il était boulonné. Certains propriétaires retirent néanmoins le toit. Son empattement était de 2,3m pour une longueur de 3,8m. La version Lotus Exige Motorsport, disponible en 2005, avait un empattement de 2,5m pour une longueur de 4,14m. En 2011, son empattement fut porté à 2,37m pour une longueur de 4,08m. Une variante targa dite « Roadster » fut disponible entre 2012 et 2018.

Entre 2006 et 2010, la firme de Hethel réalisa à 504 exemplaires l’élégant et performant coupé 3 portes Lotus Europa, issu du coupé Lotus Exige. Sa boîte à vitesses manuelle offrait 6 rapports. Son empattement était de 2,33m pour une longueur de 3,9m.

Entre 2007 et 2016, la firme de Hethel réalisa des barquettes issues du coupé Lotus Exige. Leurs boîtes à vitesses manuelles offraient 6 rapports.

La firme de Hethel créa la surprise en 2009 : un nouveau coupé 2+2 dénommé Lotus Evora entra en production. Le châssis était en aluminium et les panneaux de carrosserie en matériau composite ultraléger. 6 117 unités furent assemblés à Hethel jusqu’en 2021. Son Cx était de 0,34, à rapprocher du Cx de 0,34 de la Lotus Esprit. Son poids était compris entre 1248 et 1442kg. Son design était dû à Russell Carr. Son empattement était de 2,58m. En 2022, elle fut remplacée par la Lotus Emira, une stricte 2 places, qui conservait son moteur V6 d’origine Toyota et son empattement. Son poids est de 1405kg.

Les Lotus électriques

En mai 2017, la Zhejiang Geely Holding Group, une holding chinoise privée et dirigée par Li Shufu (1963-….), acquit 49,9% des actions du constructeur malaisien Pronton et, par conséquent, 51% de parts sociales de Lotus Cars. En 2019, fut présentée le coupé Lotus Evija qui offre 2 places, son design étant dû à Russell Carr. Chaque roue dispose de son moteur électrique de 500 chevaux, soit une puissance totale de 2000 chevaux entre 9000 et 15000tr/mn, son couple total étant de 1700Nm entre 0 et 8000tr/mn. La vitesse maximale est de 320km/h, le 0 à 100km/h étant franchi en 3 secondes. Sa longueur est de 4,46m et son poids de 1680kg. Son prix unitaire dépasse les 2 millions d’€uros. Elle entra ainsi dans le club fermé des hypercars. Nous n’en verrons pas beaucoup nos routes. Sa production débuta en 2022 sur le site de Hethel et 130 exemplaires sont à ce jour prévus.

En 2022, débuta également, à Wuhan en Chine, la production du SUV Lotus Eletre. Chaque essieu dispose de son moteur électrique pour une puissance cumulée de 600 chevaux. La vitesse maximale est de 260km/h, le 0 à 100km/h est franchi en 3 secondes. Son empattement est de 3,02m, sa longueur de 5,11m et son poids de 2 tonnes. La phrase de Colin Chapman « Light is right » est totalement caduque et « Let it be ». Pour le passionné de la marque, acheter une lourde chignole électrique chinoise hors de prix le laisse dubitatif. Mais le marché automobile chinois est le plus important du monde…

Article co-écrit par : ABSOLUTELY CARS & CARDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives

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