
Le roadster Mercedes-Benz SLK fut dévoilé lors du Salon de l’automobile de Turin qui s’était tenu du 25 avril au 5 mai 1996, il y a 30 ans ! Il y reçut un accueil extrêmement positif, aussi bien de la presse spécialisée que du public, grâce à son concept inédit de petit roadster à toit rigide escamotable, le fameux « Vario-Roof » dont le brevet fut déposé le 30 septembre 1993.
ABSOLUTELY CARS vous invite à redécouvrir la saga des roadsters Mercedes-Benz SLK.
Le roadster Mercedes-Benz SLK R170, extrêmement étonnant !
Le roadster Mercedes-Benz SLK R170 fut dessiné par Bruno Sacco (1933-2024), embauché chez Daimler-Benz AG en 1958, responsable du design entre 1975 et 1999, Michael Mauer (1962-….), œuvrant principalement pour l’usine de Sindelfingen entre 1986 et 1999, Murat Günak (1957-….), travaillant au bénéfice de la marque à l’étoile entre 1986 et 1994, concevant par la suite, le coupé-cabriolet Peugeot 206CC.
« SLK » signifiait Sportlich (sportif), Leicht (léger) et Kurz (court). Strict 2 places, ce roadster présentait des dimensions compactes, 2,4m d’empattement, longueur comprise entre 4m et 4,01m, largeur de 1,72m. Son Cx était de 0,32 avec le toit rigide fermé. Ce dernier était fabriqué chez Car Top Systems, société fondée en 1995 à Bietigheim-Bissingen. Le système électro-hydraulique était agile, la manœuvre s’effectuant en 25 secondes (et présente une bonne tenue dans le temps). Toit en place, le coffre offrait un volume de 348 litres ; toit replié, 145 litres.
La carrosserie autoportante en tôle d’acier intégrait une suspension avant à double triangle et ressorts hélicoïdaux, une suspension arrière à cinq bras séparés, quatre freins à disques dont deux ventilés à l’avant, une direction assistée à recirculation de billes. L’ABS, l’ESP, les phares antibrouillard et la climatisation étaient montés en série. La climatisation automatique était optionnelle.

En février 2000, devint disponible la version restylisée. Le fait le plus marquant fut l’adoption d’un 6ème rapport sur la boîte à vitesses manuelle. En janvier 2001, fut ajoutée la variante Mercedes-Benz SLK 32 AMG : V6 de 3199cm³ muni de deux arbres à cames en tête, de 18 soupapes, d’un compresseur, accouplé à une boîte à vitesses automatique 5 rapports, délivrant 354ch ECE à 6100tr/mn. Dotée de 4 freins à disques ventilés, le 0 à 100km/h était franchi en 5,2 secondes.




Mercedes-Benz SLK 32 AMG vendue par Gassmann Cars implantée à Bovenden
L’ancienne usine Borgward implantée à Brême, ayant appartenu à Hanomag, assembla le roadster Mercedes-Benz SLK R170 jusqu’en 2004, à 311222 exemplaires, un exploit pour un marché de niche !

Le roadster Mercedes-Benz SLK R171, le plus beau roadster européen du XXe siècle ?
En mars 2004 lors du Salon de l’automobile de Genève, la seconde génération fut dévoilée. Le roadster Mercedes-Benz SLK R171 était une sculpture sur quatre roues ! En effet, en 2004, dans le cadre du Festival Automobile International où le public vota pour le design des voitures, il fut élu la plus belle voiture de l’année. Les dimensions étaient légèrement agrandies : 2,43m d’empattement, longueur comprise entre 4,08m et 4,1m, largeur de 1,78m. Son Cx était de 0,32 avec le toit rigide fermé. Son style était attribué à Gorden Wagener (1968-….), influencé par Steve Mattin (1964-….) pour la face avant, ce dernier étant responsable du design de la marque à l’étoile de 1993 à 2004. La climatisation automatique demeurait optionnelle.

En septembre 2004, sortit la variante Mercedes-Benz SLK 55 AMG : V8 atmosphérique de 5439cm³ muni de deux arbres à cames en tête, de 24 soupapes, accouplé à la boîte à vitesses automatique 7G-Tronic (7 rapports), délivrant 360ch ECE à 5750tr/mn. Dotée de 4 freins à disques ventilés, le 0 à 100km/h était franchi en 4,9 secondes. Hors options, le prix en hors taxes de la Mercedes-Benz SLK 55 AMG était 80% supérieur à celui de la Mercedes-Benz SLK (R171) 200K. Entre juillet 2006 et mars 2008, fut disponible la variante Mercedes-Benz SLK 55 AMG Black Series : V8 atmosphérique de 5439cm³ développant 400ch ECE à 5750tr/mn, le 0 à 100km/h étant franchi en 4,5 secondes.




Mercedes-Benz Mercedes-Benz SLK 55 AMG Black Series vendue par Mechatronik
En octobre 2010, fut annoncée l’option Magic Sky Control, un toit vitré à opacité variable et ajustable. Quelques exemplaires en furent équipés en 2011. L’usine de Brême assembla le roadster Mercedes-Benz SLK R171 jusqu’en mars 2011, à 242184 unités.

La Mercedes-Benz SLK R172, le dernier roadster de cette saga !
Le roadster Mercedes-Benz SLK R172 débuta sa commercialisation le 26 mars 2011. L’empattement de 2,43m fut conservé. Sa longueur était comprise entre 4,13m et 4,15m. Sa largeur était de 1,81m. Son designer était Il-hun Yoon. La face avant inspirée de la Formule 1 de la précédente génération fut retirée. Le capot et les ailes avant étaient en aluminium. Le toit panoramique Magic Sky Control fut une option jusqu’en novembre 2012, puis monté en série. La boîte à vitesses manuelle offrait toujours 6 rapports. Les 4 freins à disques ventilés étaient toujours attribués à la version AMG. En mars 2016 lors de son restylage, ce roadster fut rebaptisé Mercedes-Benz SLC et Mercedes-AMG SLC.


Le Pacte vert pour l’Europe fut présenté sous la présidence d’Ursula von der Leyen, le 11 décembre 2019. Lors du salon Rétromobile, tenu du 3 au 7 février 2020, nous avions interrogé un représentant de Mercedes-Benz sur l’avenir de la marque dans un contexte de transition vers des motorisations électriques, susceptibles, à terme, d’être techniquement similaires à celles des autres constructeurs, batteries comprises.
La réponse fut sans détour : « Grâce au style extérieur et à la qualité des peintures appliquées, grâce au design intérieur et au choix des matériaux, grâce enfin à la différenciation sociale qu’incarne la marque, l’avenir de Mercedes-Benz est pleinement assuré. »
En juin 2020, le roadster Mercedes-Benz SLC fut retiré du marché et n’eut point de descendance. D’autres constructeurs historiques suivirent la même voie, abandonnant progressivement les segments des cabriolets, roadsters et coupés, pourtant porteurs d’une forte image de marque et d’un important capital symbolique. L’usine de Brême avait assemblé quelque 180000 roadsters complémentaires.


Le Salon de l’automobile de Pékin d’avril 2026
En mars 2026, sur le parking intérieur ouvert du Motor Show Avignon, de nombreux passionnés (plus nombreux qu’à l’accoutumée) négociaient l’achat de coupés, cabriolets et roadsters italiens, japonais ou allemands, à l’image de la Mercedes-Benz SLK R171. En revanche, il était inutile de leur parler de véhicules électriques ou de crossovers et SUV au style souvent difficilement identifiable au premier coup d’œil.
L’évolution — ou plutôt la relative stagnation — du marché des motocyclettes et scooters en France entre 2019 et 2025 constitue un cadre de réflexion intéressant. En 2019, 184 764 unités furent vendues ; en 2025, 177 578 exemplaires. Dans le même temps, selon l’INSEE, leurs prix augmentèrent de 6,65 %.
Le marché automobile a connu une trajectoire bien différente. En 2019, 2 173 859 voitures furent immatriculées en France, contre 1 664 700 en 2025, soit une baisse de 23,4 %. Parmi ces dernières, 666 000 ont été achetées directement par des particuliers, avec ou sans recours au crédit.
A l’échelle européenne (Union européenne, Royaume-Uni et pays de l’AELE), les immatriculations sont passées de 15 805 752 véhicules en 2019 à 13 271 270 en 2025, soit un recul de 16,1 %. Sur ce total, 9 % des voitures provenaient de Chine :
- 5,6% sous les marques chinoises telles que MG, BYD Jaecoo, Omoda, Polestar, Leapmotor, Smart, XPeng, Zeekr, Lynk & Co, GWM ou Nio,
- 0,7% sous la marque américaine Tesla,
- 2,7% sous les marques Volvo, Mini, Cupra, Dacia, BMW, Lotus, DS…
Parallèlement, les constructeurs historiques ont cherché à financer la transition énergétique et les coûteuses campagnes de communication principalement grâce aux acheteurs de véhicules thermiques, tout en continuant à distribuer d’importants dividendes à leurs actionnaires. Cette stratégie s’est souvent accompagnée de la disparition progressive des voitures dites « plaisir », à l’image des Mercedes-Benz SLK. Une partie de la génération de la « Sofa Economics » semble toutefois peu disposée à consentir un tel effort financier.
En 2019, l’Europe dégageait un excédent commercial d’environ 6 milliards d’euros par mois sur ses exportations automobiles vers l’Asie. En 2026, en intégrant désormais l’ensemble de la chaîne de valeur du véhicule électrique (cellules de batteries, cathodes et anodes, aimants et terres rares, électronique de puissance, moteurs électriques, logiciels, ingénierie et conception), ce rapport de force s’est totalement inversé.
Si le marché français avait simplement suivi la baisse moyenne observée en Europe, 160 577 voitures supplémentaires auraient été vendues en 2025. Cette contraction plus marquée du marché français s’accompagne d’un vieillissement du parc automobile : l’âge moyen des voitures en circulation est passé de 10,2 ans en 2019 à 11,5 ans en 2025.
Les « Salieri de la finance » semblent multiplier les dispositifs destinés à orienter les Français vers l’achat de véhicules électriques. Parmi les éléments les plus souvent cités, figurent :
- l’absence de baisse de la fiscalité sur le gazole et le SP95-E10. Ainsi, alors que le cours du Brent atteignait 139 dollars le 7 mars 2022, les prix à la pompe s’établissaient à 1,88 €/l pour le gazole et 1,87 €/l pour le SP95 le 9 mars 2022. Quatre ans plus tard, malgré un Brent à 126 dollars le 29 avril 2026, les prix observés le 1er mai 2026 atteignaient respectivement 2,19 €/l et 2,02 €/l ;
- la défense persistante des Zones à Faibles Émissions (ZFE). Dans un article intitulé « Quel est l’avenir des ZFE et pourquoi le gouvernement s’acharne-t-il tant à vouloir appliquer cette mesure ? », publié le 15 avril 2026, l’auteur résumait l’enjeu de la manière suivante : « Sans les ZFE, la France pourrait devoir s’asseoir sur plusieurs milliards d’euros, voire rembourser une partie des subventions versées par l’Europe » ;
- la décision du Conseil constitutionnel du 21 mai 2026 ayant conduit à l’annulation de la suppression des ZFE votée précédemment par les parlementaires ;
- la réglementation européenne CAFE (Corporate Average Fuel Economy), qui impose des objectifs d’émissions de plus en plus contraignants aux constructeurs sous peine de sanctions financières ;
- l’absence de revalorisation significative des barèmes kilométriques utilisés par de nombreux salariés pour leurs trajets domicile-travail ou leurs déplacements professionnels ;
- la surtransposition française de certaines contraintes européennes à travers un malus CO2 et un malus au poids dont les seuils et les montants sont régulièrement dénoncés comme excessifs.
Son constat est résumé à travers trois exemples seulement. Les deux premiersdocuments concernent la Ford Mustang GT V8 (59 800 € TTC, 274 g/km de CO2, 1 836 kg) et illustrent l’ampleur du malus CO2 français par rapport à celui observé dans les autres pays européens. Le troisième prend pour exemple la Peugeot 5008 III PHEV 225 GT 7 places hybride rechargeable (46 990 € TTC, 63 g/km de CO2, 2 048 kg) afin de mettre en évidence les effets du malus au poids. L’ensemble met en lumière une singularité française : alors que la plupart des pays européens taxent principalement les émissions de CO2, la France cumule plusieurs dispositifs fiscaux qui renchérissent fortement le coût d’acquisition de nombreux véhicules familiaux ou de loisirs, y compris lorsque leurs émissions demeurent relativement contenues



En France, la voiture « plaisir » et esthétique, à l’image des Mercedes-Benz SLK, semble désormais confinée à l’une de trois catégories : les véhicules électriques, les youngtimers ou les voitures de collection.
Du 24 avril au 3 mai 2026, le Salon de l’automobile de Pékin a rappelé qu’en matière de marché, la nature n’aime pas le vide. Alors que de nombreux constructeurs européens ont progressivement abandonné les coupés, cabriolets et roadsters accessibles (du moins sur le marché de l’occasion), plusieurs constructeurs chinois ont profité de cette lacune pour présenter des modèles au design affirmé et à forte dimension émotionnelle, la Lynk & Co GT Concept car 100% électrique, FangChengBao Formula X Concept car 100% électrique et la Denza Z cabriolet 100% électrique.
Cette évolution illustre un principe économique simple : lorsqu’une offre disparaît alors que la demande persiste, d’autres acteurs finissent par s’en emparer. Pour séduire davantage les consommateurs, les constructeurs chinois doivent encore progresser, en proposant notamment des cabriolets et roadsters hybrides ou électriques de faible puissance, dotés de batteries débrochables et facilement remplaçables, afin de rendre ces véhicules plus accessibles à l’achat.



La Daimler-Benz AG changea plusieurs fois de raison sociale. Elle devint DaimlerChrysler AG en 1998, Daimler AG en 2007, Mercedes-Benz Group AG en 2022. Le 27 mai 2010, fut créée la Shenzhen BYD Daimler New Technology Company Limited qui sortit son premier modèle sous la marque commerciale Denza en décembre 2014. En décembre 2021, BYD monta sa participation de 50% à 90%. En septembre 2024, Mercedes-Benz Group AG céda son solde de 10% à BYD. Le 24 avril 2026, fut présentée la Denza Z cabriolet, magnifique ! Elle fut dessinée par Wolfgang Egger (1963-….), le designer, entre autres, du coupé Alfa Romeo 8C Competizione.
En parallèle, Li Shufu (fondateur de Geely) acquit 9,69% de parts sociales de la marque à l’étoile via sa holding. Le constructeur chinois BAIC Motor Corporation Limited fit de même et porta son acquisition entre juillet 2019 et décembre 2021, de 5% à 9,98%. En janvier 2020, fut créée par Mercedes-Benz et Geely à parts égales, la JV Smart Automobile Company Limited. La production de la filiale de Mercedes-Benz fut alors transférée de l’usine de Hambach en Moselle vers les sites chinois de Ningbo et Gaoling.




