La dernière BMW Z4 (G29) vient de tirer sa révérence et elle ne sera pas remplacée pour le moment. En effet, le tout dernier exemplaire vient de sortir de l’usine de Magna de Graz en Autriche. C’est donc la fin d’un magnifique chapitre, l’un des plus beau dans l’histoire du constructeur bavarois. Malgré l’émotion suscitée, c’est l’occasion pour nous d’essayer celle qui a initiée cette grande lignée de roadster moderne, la Série des Z (Z pour Zukunft, futur en allemand), avec cette magnifique BMW Z1 « E30″/Z. Une voiture rare qui incarne parfaitement l’esprit de la marque, entre perfection technique, plaisir et raffinement tout en y ajoutant une touche d’originalité. Prenez place à bord de ce cabriolet Z1 unique en son genre !

Salon de Francfort de 1987, la vitrine technologique de BMW
Cela faisait 27 ans que BMW n’avait pas créer de roadster. La dernière en date était la magnifique et confidentielle BMW 507 produite de 1956 jusqu’en 1959 en 254 exemplaires. En 1985 est créée le BMW Technik, un département spécifique pour le développement de nouveaux véhicules et nouvelles technologies. La BMW Z1 est alors le premier modèle à être présenté à la presse en 1986 à l’état de prototype. L’engouement est tel que BMW pense alors à la commercialiser. L’année suivante elle est présentée au salon de Francfort en même temps qu’une certaine BMW Série 7 à moteur V12 (750i E32).
Dans leur rôle distincts, les deux BMW vont servir de vitrine technologique complète pour asseoir un peu plus l’image de marque du constructeur bavarois. Avec premièrement la BMW Série 7 E32, l’électronique de pointe est en accord avec une motorisation sophistiquée, un fabuleux V12 5.0l de 300 chevaux, le tout cachée sous une carrosserie élégante et statutaire. La BMW Z1 bien plus petite, n’en demeure pas moins élaborée sur bien des points en plus d’être très originale et dynamique stylistiquement. Pas moins de 5000 exemplaires de BMW Z1 seront commandées durant les premières phases de livraison dans les concessions. Dans les faits, c’est environ 2400 exemplaires qui seront livrées en 1988, les délais de production étant particulièrement long, et l’envie de certains faux acheteurs voulant créer un effet spéculatif.

Surprise, étonnement et curiosité caractérisent la BMW Z1
Une des caractéristiques principales qui font la recette et le succès dans la belle famille des BMW Z (Z3 E36/7, Z8 E52, Z4 E85/E86, Z4 E89 et Z4 G29), c’est leur ligne à couper le souffle. En effet, rien que visuellement, la BMW Z1 provoque une émotion visuelle forte. Concernant sa proue, fine et légère, l’inspiration vient directement de la mythique BMW M1, dont elle garde judicieusement le même chiffre. Concernant les formes, il n’y a de réellement carré que les optiques dont ceux de l’avant intègre un très joli bloc lenticulaire. Son profil est modulable à souhait, avec les portes et les vitres, ouvertes ou fermées indépendamment, capoté ou décapoté, quelle allure ! BMW propose de ce plan, une ligne entièrement nouvelle et chic. On la doit en partie à Harm Lagaay son concepteur principal.
Son dessin vraiment très inspiré est sublimé par une belle effronterie et elle réside dans ses magnifiques portières, escamotables vers le bas, un système d’ouverture unique au monde. Ce système ingénieux va montrer jusqu’à quel point BMW est capable d’audace. Lorsque poésie et ingénierie automobiles riment ensemble.
La BMW Z1 et son intérieur unique



Pour se hisser à l’intérieur, vous devez appuyer sur la serrure afin de baisser la portière, puis vous devez vous tenir au solide arceau de sécurité situé au dessus du parebrise et vous laisser glisser. L’accès n’est pas des plus aisés, mais c’est un poil plus facile que l’on n’y pense à condition d’être agile et de ne pas avoir de trop grand pied.
Une fois installé, on est bien maintenu par les sièges qui se révèlent ferme. On remarque sur le cuir des assises un curieux motif type camouflage histoire de rappeler sans doute que c’est un véhicule de loisir. Sont collées au dos de ces sièges, de jolies coques de la même couleur que la carrosserie. Dans ce même genre de détail, est dissimulé derrière chaque siège, un espace pour y logé soit la batterie, soit la boîte à gants. Concernant la qualité de construction, c’est une bonne note. Sur notre exemplaire, rien n’a bougé dans le temps. La plupart des matériaux sont revêtu de cuir nappa gris ou même de nubuk sur la console centrale ou certaines parties des assises, mais il se révèle très fins et particulièrement exposé.

L’intérieur du Z1 est fragile, alors il convient d’en prendre grand soin, en témoigne les photos de cet exemplaire bichonné.
Sur le plan de l’équipement, vous trouverez l’ABS, les rétroviseurs électriques réglables sous les commandes de ventilation, les vitres électriques de série, un volant cuir trois branche et une sellerie semi-cuir ou intégrale. Et oui la BMW Z1 est un roadster jusque dans ces moins détails, on épure la dotation au maximum.
Au chapitre des options intérieures, il n’y en a presque pas. Il n’y a par exemple jamais eu d’airbag conducteur, de climatisation ou d’ordinateur de bord. Il n’y a pas de régulateur de vitesse non plus, mais il n’y en pas besoin, car toutes les BMW ont une pédale d’accélération fixé au plancher, gage de grand confort sur de longs trajet autoroutier. La présence d’un Hard Top sur certains modèles est optionnel et rarement visible. On notera surtout un partenariat exclusif avec le fabuleux constructeur nippon Sony pour la fabrication d’un autoradio cassette à l’effigie du Z1. Une pièce encore plus rare que la voiture aujourd’hui. Des valises siglées BMW Z1 sont parfois disponibles par des artisans sellier, mais ce ne sont pas des pièces contemporaine au roadster.



A noter que les exemplaires français (plus rare) se distinguent par leur paire de phares jaunes et leur répétiteurs oranges sur les ailes avants. Et enfin comme toujours chez BMW on retrouve une trousse de secours et une petite panoplie d’outils placée sous la malle dans une position qui semble à chaque fois inédite.
La liberté sur quatre roues en BMW Z1

Motorisée par le 6 cylindres en ligne M20 en position centrale, la BMW Z1 hérite du moteur de la BMW Série 3 E30 325i. Elle offre donc tout la souplesse requise pour un moteur de cette cylindrée. Sa sonorité plaisante est plutôt discrète et sa puissance suffisante satisfera tous les esthètes automobiles, mais un peu moins les pilotes sportifs. Mais que ces derniers se rassurent, il existe pour eux la très rare version Alpina, plus puissante et avoisinant les 200 chevaux, inabordable et encore plus exclusive produite en 66 exemplaires…
Sous le capot, parmi les détails les plus moderne de la Z1, nous remarquons la jolie boîte à fusibles transparente qui grâce à sa vitre bleue donne le ton du futur style des architectures européennes des années 1990 2000, à moins que ce ne soit un clin d’œil au vitrage du musée BMW de Munich ! Dans tous les cas, les rétroviseurs placé plus haut sont dans la même tonalité de bleu.




Les petits compteurs antireflet rappellent ceux des motos à l’hélice. Et cet esprit est doublé d’un autre effet encore plus surprenant, celui rouler à l’air libre sans aucune porte. Nous étions en mode grand air, décapoté, portes et vitres descendues au minimum, quelle expérience ! Au début, l’air vous caresse le visage, à la manière où Z1 et sa conduite offrent de multiples visages, de la douceur jusqu’à la nervosité en fonction de votre pression sur l’accélérateur. Toutes les commandes tombent bien sous la main, et sont agréables à manipuler, elles participent à l’agrément général. De même pour les tirettes de ventilation héritées la BMW Série 3 et qui rappellent délicieusement l’ergonomie des années 80. Et comme toutes les BMW, la position de conduite est parfaite.
Les petits compteurs antireflet rappellent ceux des motos à l’hélice. Et cet esprit est doublé d’un autre effet encore plus surprenant, celui rouler à l’air libre sans aucune porte. Nous étions en mode grand air, décapoté, portes et vitres descendues au minimum, quelle expérience ! Au début, l’air vous caresse le visage, à la manière où Z1 et sa conduite offrent de multiples visages, de la douceur jusqu’à la nervosité en fonction de votre pression sur l’accélérateur. Toutes les commandes tombent bien sous la main, et sont agréables à manipuler, elles participent à l’agrément général. De même pour les tirettes de ventilation héritées la BMW Série 3 et qui rappellent délicieusement l’ergonomie des années 80. Et comme toutes les BMW, la position de conduite est parfaite.
Ses spécificités techniques
Malgré un CX de 0.36 (et 0,43 décapotée), la BMW Z1 est très travaillée. Son soubassement ne provoque aucun remous et elle se passe d’aileron grâce à son diffuseur spécifique jumelé à une lèvre sur le couvercle de coffre. Résultat une excellente stabilité, même à haute vitesse.

À condition bien sûr d’être prudent sur route mouillée, le comportement routier est excellent. Elle le doit en partie à son châssis à suspension à roue indépendante et à son essieu en Z à l’arrière. La répartition des masses est optimale (49% à l’avant, 51% à l’arrière). Son terrain de jeu favoris sera les petites routes de montagne, un véritable karting !
Parlons maintenant de sa structure, entièrement galvanisée. Elle encerne la plateforme en résine epoxyde et en PVC renforcés de fibre de verre. Sa carrosserie est fabriquée à partir de matériaux composites et de matière thermoplastique. Cette dernière est fragile. Avec le temps, les panneaux de carrosserie se fissure, mais il est désormais possible de retrouver des pièces de rechange. Et vous pouvez même les changer de couleur, car ils sont interchangeable (6 couleurs au total). Ainsi votre BMW Z1 peut se refaire une beauté en cas de besoin.
L’avis du propriétaire

Olivier a une passion pour les voitures BMW qui est née grâce à son père possesseur d’une BMW de 1968 de la famille des 02. Sans surprise sa première voiture sera une BMW Série 3 (E21). Quelques années plus tard, en 2013, il se porte acquéreur d’une BMW Z3 (E36/7). Puis pendant le Covid, il remarque cette BMW Z1 de 1990, originaire de Lyon. Un seul billet de train pour l’aller aura suffit. Le coup de foudre est immédiat. Cette BMW Z1 appartenait à l’épouse de l’ancien président du club BMW France et a été vue de nombreuses fois dans différents reportages presse ces quinze dernières années. Ce véhicule d’origine allemande roule régulièrement. Unique, élégante et exclusive sont les adjectifs qui lui conviennent le mieux. Et quelle liberté… elle ne ressemble à aucune autre !
Le prix fort de l’exclusivité

Ce qui aura sans doute manqué à la carrière de cette voiture exceptionnelle, c’est une orientation marketing claire et une meilleure stratégie de vente. Mais peut-on réellement reprocher cela à la firme munichoise sachant qu’elle n’était pas censée être commercialisée ? Il faut attendre des mois avant de se faire livrer une Z1 qui est de plus une voiture chère. Passé l’effet de mode, les potentiels acheteurs se découragent et les ventes dégringolent à la sortie de la luxueuse Mercedes-Benz SL (R129) en 1989. C’est pourquoi, la Z1 mettra du temps à se vendre jusqu’en 1991, année où sa carrière s’arrêtera. Néanmoins certaines concessions feront encore un peu parler d’elles, car certaines Z1 seront immatriculée pour la toute première fois jusqu’en 1994.
Au niveau de sa cote, la BMW Z1 n’aura pas attendu d’avoir 30 ans pour se faire désirer. Un peu oubliée dans les années 2000, elle reprends du service auprès des passionnés, clubs et amateurs dans les années 2010. Aujourd’hui sa valeur oscille entre 35 000 pour un exemplaire d’environ 130 000 km et 60 000 euros pour des kilométrages avoisinant les 20 000km, quelque fois beaucoup plus en cas de très faible kilométrage, sa cote d’amour étant élevée, la spéculation aussi. Notre Z1 du jour, est dans un état général proche du neuf, avec une magnifique et très légère patine sur son vernis. De quoi sublimer sa splendide teinte Top-Rot, un rouge vif.







Les points à surveiller
La BMW Z1 est une voiture qui se désire. Mais avant tout achat, il convient de vérifier les éléments suivants. Pas de corrosion à craindre au niveau du châssis galvanisé ni au niveau de la carrosserie. Vérifier cependant que les différents éléments de carrosserie soit en très bon état et bien aligné. La capote est solide, mais la lunette arrière aura tendance à s’opacifier. Bien entretenir le mécanisme de celle-ci ainsi que ceux du levage des portes spécifiques. Avec le temps, la courroie interne lâche. Les Z1 sont souvent des roadsters peu kilométré, mais un exemplaire qui roule trop peu verra ses joints et durites de moteur durcirent, au risque de voir des fuites d’huile. Sur le reste, la mécanique est très solide du moment que l’entretien est respecté ainsi que les échéances (courroie de distribution et non à chaîne et vidange tous les 7500 km). Le pot d’échappement est plus fragile et cher à remplacer (sujet à rouille). Enfin concernant l’intérieur, il convient de prêter attention au différents matériaux et à leur nettoyage, le nubuck est une matière plus délicate à laver.
Enfin il existe différents clubs dont le principal est le BMW Z1 Club France.
Conclusion

La BMW Z1 est à sa sortie le cabriolet le plus moderne et le plus sophistiqué de toute la décennie. Aujourd’hui, on a peine à croire qu’elle a soufflé les bougies d’une quatrième décennie. Avec le temps, cette pièce d’audace est devenue un véritable classique dont la cote après s’être envolée il y a quelques années, semblent enfin vouloir se stabiliser. Comptez environ 50 000 euros pour un bel exemplaire avec un kilométrage relativement faible. Un prix déraisonnable ? Quand on aime, on ne compte pas. Déjà qu’il est toujours difficile de laisser le volant d’une BMW, posséder une BMW Z1, c’est avoir la chance de rouler dans une voiture singulière. Mais c’est aussi et surtout l’opportunité de rouler dans le cabriolet le plus cool de toute l’histoire automobile.
Ce qui me fait envie…
Un antidépresseur absolu, ligne originale et belle dans toutes les configurations, finition soignée, format compact, agrément et sensation de conduite, moteur souple, fiable et mélodieux, disponibilité des pièces, cabriolet exclusif mais…
Ce qui me fait réfléchir…
…cher à l’achat, coffre réduit et voyage limité avec bagage, carrosserie et intérieur sensible et exposé, une seule puissance disponible (or version Alpina), boîte trop longue.

La BMW E30 Z1 en quelques chiffres (données constructeur) :
| MOTEUR ET TRANSMISSION | |
| Motorisation | Longitudinal avant, M20, 6 cylindres en ligne, 12 soupapes, 2494 cm³ |
| Puissance et couple | 171 chevaux à 5800 tr/min (13 chevaux DIN) et 220 Nm à 4300 tr/min |
| Production de la Z1 | 1987-1991 |
| Boîte manuelle | 5 rapports |
| PERFORMANCES | |
| Vitesse maximum | 225km/h |
| 0 à 100 km/h | 7.9 sec |
| 0 à 160 km/h | 24.5 sec |
| 400 mètres D.A | 16.0 secondes |
| 1000 mètres D.A | 28.80 secondes |
| CONSOMMATIONS | |
| Consommations (litres au 100) | entre 8.5l (route, autoroute), 9.4 l (moyenne) et 12.9l (ville) |
| Autonomie | – |
| Réservoir | 58 litres |
| DIMENSIONS | |
| Dimensions (longueur, largeur hauteur) | 393 cm, 170 cm, 125 cm |
| Empattement | 244.7 cm |
| Coffre | 260 litres |
| Poids à vide | 1180 kg |
| Pneumatique | 225/45 VR16 |
| CX | 0.36 (et 0.43 en décapotable) |
Un grand merci à Olivier pour le prêt de sa Z1.
Texte : Gwenvaël Mottas / Crédits photos : Gwenvaël Mottas



