Interview automobile : La BMW 320i E36, une authentique sportive allemande

Voiture bourgeoise au tempérament sportif, la BMW 320iA phase 1 tranche avec ses devancières par sa silhouette majestueuse. Sa ligne se veut plus fluide et dynamique, sa face avant est agressive et courte, l’arrière est profilé et ses ailes bodybuildées ! Dessinée par Claus Luthe, cette belle youngtimer allemande a été élue « plus belle voiture de l’année 1991 » ! C’est peu dire ! Le gabarit évolue également, aussi bien en longueur qu’en largeur pour atteindre les 4.43m de long, le 1.71m de large et le 1.39m de haut. Sortie au premier semestre 1992, elle inaugure un nouveau design qui perdure jusqu’à nos jours ! Disponible en coupé, dès 1992 et en cabriolet dès 1993, elle sera déclinée, en version essence, sous les noms BMW 316/318/320/325i et, en version diesel, sous le nom de BMW 325td. Le break apparaîtra, en 1995, avec les versions BMW 320/328i, suivie, en 1996, par la BMW 323i dotée d’un bloc-moteur 2.5L de 170ch. ABSOLUTELY CARS vous propose de découvrir la BMW 320i E36, modèle emblématique de la gamme BMW, au travers du point de vue d’un de ses plus fidèles admirateurs !

La BMW E36, une nouvelle voiture pour une troisième génération

Commercialisée dès 1990, la BMW E36 est la 3ème génération de la BMW Série 3. Elle sera déclinée sous le nom de BMW 316i (100 ch), de BMW 318i (113 ch) et de BMW 325i (192 ch). La gamme est rapidement complétée, en 1991, par la BMW 320i, équipée d’un 6 cylindres de 150 ch. C’est celle-ci qui nous intéresse aujourd’hui. Elle se différencie de ses consœurs par la souplesse, la fiabilité et la puissance de sa mécanique offrant des sensations de conduite unique ! Bien qu’elle avoisine la trentaine, elle peut être utilisée au quotidien.

A noter que son ultime version, la radicale BMW M3, peut être challenger sur circuit grâce son 6 cylindres 3.0L de 286ch ou de 3,3L de 321ch accouplé à une boite séquentielle » SMG » (Sequential Motorsport Gearbox). Sa technique Motorsport présente sur l’ensemble de ses déclinaisons : berline, coupé ou cabriolet ! Exportée aux Etats-Unis, cette version extrême verra sa puissance réduite à 240ch, son admission correspondant à un simple papillon. Redesignée en 1995, elle connaîtra quelques changements au niveau de la face avant, de la planche de bord et du moteur. Autre version sur laquelle nous pouvons nous attarder : la BMW 318 IS Procar ou ST (Supertourisme), la version typée compétition réservée à certains marchés. Uniquement proposée avec des coloris de carrosseries blanc, bleue, jaune, noire et rouge, cette voiture se distingue par un kit partiel « BMW M3 », des rétroviseurs de série 3 « classiques », un aileron inclinable et des jantes 16 pouces. L’habitacle se pare de sièges « sport » spécifiques. Le moteur est un 6 cylindres 1.8 16S de 140ch, qui évoluera vers un 1,9L. Cette version ne sera commercialisée qu’à 2500 unités destinées à l’homologation en Procar.

Mais revenons à la BMW 320i E36 ! Cette version est apparue en 1991. Restylisée en 1994, elle est dotée d’un 6 cylindres de 2.0L (1991 cm3) en ligne à gestion électronique Bosch Motronic en position longitudinale avant qui développe 150ch. Il est accouplé à une boîte manuelle 5 rapports ou automatique 5 vitesses. Cette propulsion dispose d’une tenue de route passant par une direction à crémaillère assistée, de l’ABS, de suspensions mcpherson/multibras, de freins à disques ventilés/pleins et de pneumatiques de 15 pouces (205/60). L’ensemble offre le 0-100 en 9.9 secondes pour une vitesse de pointe de 217km/h, tout en pesant 1.4 tonnes sur la balance !

Parole de collectionneur : « La BMW 320i E36, un plaisir esthétique intense »

La voiture du jour est un magnifique coupé qui répond au doux nom de BMW 320i E36, appartenant à la 3ème génération de la BMW Série 3. Qu’est ce qui vous attiré dans ce modèle en particulier ?

Au départ, je cherchais des voitures datant des années 1980. Cependant, un décès dans ma famille, le propriétaire d’une BMW 320i E36 depuis 1997, a bouleversé la donne. Il se trouve que le prix de vente était peu onéreux. Une version coupé 6 cylindres et entretenue chez BMW ont parfait mon envie de l’acquérir. Ce fut et reste une très bonne affaire. A l’origine, elle était destinée à ma mère, mais la consommation était trop élevée pour elle et elle a préféré une Renault Clio Initiale diesel, plus économe (en théorie). Je l’ai donc rachetée, il y a maintenant 5 ans. Je la restaure progressivement et fais des road trip européens. Parmi ses voyages, on note que la voiture a été en Allemagne (Dresde, Berlin), en Pologne et en République Tchèque.

Si vous devez qualifier en trois mots cette BMW 320i E36 Coupé de 1993, lesquels utiliserez-vous ?

C’est une voiture à deux visages. Avant, elle avait une sellerie en velours – que j’ai encore -, mais je préférais des sièges plus ferme, en cuir qui rappelle son côté sportif. Côté mécanique, j’ai fait la vidange de tous les fluides et maintenant, cette BMW 320i E36 roule parfaitement. L’équipement de base est assez pauvre, alors on pioche dans la liste interminable des options. La mienne dispose de la climatisation bi-zone, de la boîte automatique et de l’alarme. En fait, elle a toutes les options qui ne conviennent pas aux pistards. C’est la voiture du « bourgeois fainéant » désireux de posséder une voiture nerveuse avec du caractère. (rires). En bref, si je devais la qualifier en trois mots, ce serait rigueur, élégance et puissance.

Pouvez-vous nous dire quels sont ses qualités et ses défauts ?

Je pense, tout de suite, à la précision de conduite : on sait où on va. À cela, on ajoute une ligne élégante et classique qui fait office de référence dans les années 1990. L’ergonomie est très bien pensée avec l’ensemble des commandes à portée de main, sans oublier une position de conduite basse qui est tournée vers le confort du conducteur. On peut transporter quatre passagers facilement et le coffre est spacieux pour emmener valises et bagages, avec une vraie roue de secours et la trousse d’outils/de secours ! Enfin, le système hifi est d’origine, avec 6 hauts-parleurs Nokia. Un rare autoradio Nakamichi prend la relève d’un valeureux Blaupunkt. Côté défaut, on sort des années 1980. L’austérité de la présentation est encore présente : noir sur noir. Les panneaux de portes ne sont pas très bien finis et les ciels de toit restent fragiles, car le tissu à tendance à se décoller. On peut aussi parler de la consommation, on ne peut pas avoir un moteur performant (pour sa puissance) avec une boite automatique adaptée sans brûler un peu plus d’essence.

Pouvez-vous nous décrire les sensations de conduite qu’il est possible de ressentir au volant de cette BMW E36 ?

Elle est très bien calibrée que ce soit sur routes sinueuses, grands boulevards ou encore autoroutes allemandes. Sur terrains humides, elle reste sage si on ne la taquine pas trop. La boîte automatique permet de doser l’humeur de la voiture : les modes eco (standard), sport et neige (environ 100ch et une motricité optimisée). Si on peut le dire, la vitesse maximale atteinte par la voiture est de 206km/h sur les autoroutes allemandes, sachant que la vitesse compteur est de 216km/h. Sur autoroute, le couple s’exprime bien dans les environs de 140km/h. Cela reste un véhicule agréable à conduire en mode cruising et la boîte de vitesse automatique longue et efficace, y participe. Elle est vraiment différente par rapport à ce que proposait la concurrence (à savoir l’Audi Coupé 20V, l’Opel Calibra et la Mercedes-Benz C124 220E, ndlr).

Lors de sa sortie, en 1990, la BMW Série 3 E36 a connu un immense engouement de la part des journalistes et du grand public, notamment grâce à sa ligne attrayante. Qu’en est-il de la BMW 320i E36, dévoilée un an plus tard, en 1991 ?

Dès sa sortie, la presse la qualifiait de « plaisir esthétique intense ». La BMW 320i E36, c’est une ligne épurée, aérodynamique, élégante et moderne. Mais ce qui a marqué la BMW Série 3 E36 reste la version M3, coupé et cabriolet, avec le moteur 3.0 développant 286ch, lancée dès 1993. Aujourd’hui, certains la voient comme très banale, à l’exception de certaines versions bien équipées. Les amateurs et connaisseurs y portent de l’intérêt. En tant que Youngtimer, la vision de ce modèle est datée, malgré qu’elle soit la voiture la plus tunée de l’histoire de BMW !

Quels sont les conseils à donner à de futurs acquéreurs ? Nécessite-t-elle un entretien particulier ? Comment évolue la côte de la BMW 320i E36 ?

Lorsque l’on souhaite acquérir une BMW Série 3 E36, il faut déjà que la voiture possède un carnet d’entretien complet et régulièrement rempli. Au niveau de la fiabilité, le joint du cache-culasse qui peut suinter légèrement… le fameux joint de culasse et le train arrière ! Car ce dernier est fragile si la voiture est malmenée. On peut y ajouter la rouille au niveau des ailes, des bas de caisses et à l’emplacement de la batterie, placée à l’arrière dans ce type de véhicule. Il faut savoir qu’il reste, en France, environ 25 390 exemplaires, toutes versions confondues (chiffres UTAC OTC, ndlr). Pour la côte, celle-ci évolue en fonction de la finition, de la motorisation et de l’année. Pour une BMW 318iS/320iA, il faut compter entre 3000 et 4000€ au minimum, alors que la BMW 325i se négocie à près de 8000€ minimum. Le tarif reste abordable pour un véhicule qui va durer dans le temps et une utilisation quotidienne !

Vous êtes un passionné de la marque BMW. Vous nous avez déjà présenté votre BMW Série 5 (E39) 528i et votre BMW Série 7 (E66) 745Li, deux autres youngtimers emblématiques de la gamme BMW. A l’heure où s’assombrit l’avenir de ces voitures désormais collector, mais pas toutes de collection, comment voyez-vous l’avenir de cette BMW Série 3 (E36) 320i ?

Le futur de cette BMW 320i E36 sera la sauvegarde du patrimoine de collection sportif d’ici 2 à 5 ans. Elle affiche quand même plus de 260 000 kms au compteur. Elle vient compléter la collection actuelle avec la BMW Série 5 528i E 39, grise intérieur gris et la BMW Série 7 Limousine 745LIA E66, verte intérieur vert « olive ». Cette année, je prévois un voyage cinématographique dans la capitale autrichienne, Vienne, pour un moyen-métrage de fin d’étude. La route ne me fait pas peur et avec elle, encore moins !

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS

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