Interview automobile : La Mercedes-Benz 450SL, une Allemande à l’accent américain

Quand Mercedes-Benz part à la conquête de l’Ouest, dans les années 1970, cela fait des étincelles ! La nouvelle gamme de la série SL va exploser tous les compteurs. Nouveau design, nouveau succès ! Alliant avec excellence luxe, confort et élégance, la Mercedes R107 s’impose dans tous les esprits, même ceux d’outre-Atlantique ! En effet, sa meilleure représentante, la Mercedes-Benz 450SL, devient très rapidement un symbole de la réussite à l’américaine ! Elle se fera la part belle aussi bien sur les routes que sur les écrans, devenant une star de cinéma et de série TV, s’inscrivant à jamais dans la légende ! ABSOLUTELY CARS vous propose de partir à la découverte de cette pépite allemande à l’accent américain au travers du regard de celui qui la connaît le plus : son propriétaire !

La Mercedes-Benz R107 450SL : l’Allemande partit à la conquête de l’Ouest

Lancée en 1971, la Mercedes-Benz SL Roadster « R107 » apparaît sur le marché européen et américain. Aux Etats-Unis, elle vise à concurrencer la Jaguar Type-E V12 « Série III » et sa remplaçante, la Jaguar XJ-S. En effet, elle se veut devenir le tout nouveau symbole de la réussite à l’américaine ! Pour battre le constructeur anglais sur les terres américaines, une version « USA » est imaginée pour le marché outre-Atlantique. Il s’agit de la Mercedes-Benz 450SL, commercialisée dès 1973. Elle vient renforcer l’image et la notoriété de la Mercedes-Benz 350SL, alors présente aux Etats-Unis. Toutefois, les normes de pollution et de sécurité, plus strictes aux Etats-Unis, amènent des significatives modifications esthétiques, techniques et mécaniques. Son gabarit en fait une voiture compact : 4.79m de long, 1.79m de large et 1.30m de haut. L’extérieur est agrémenté de phares ronds et de pare-chocs mêlant chrome et caoutchouc élargis. Les finitions affichent un luxe et un confort nettement optimisés par rapport aux européennes. Le volant imposant ne dénote aucunement avec un tableau de bord et des intérieurs de portières « full » cuir tandis que le plancher est recouvert de moquette moelleuse !

Côté mécanique, nous retrouvons, sous le capot, un bloc V8 4.5 (4250cm3) développant 225ch. Néanmoins, la version mythique américaine de la Mercedes-Bens R107 450SL voit sa puissance réduite à 193ch, notamment à cause de l’installation d’un pot catalytique. Ils sont accouplés à une boite automatique 3 rapports, tandis que le système de freinage est assuré par des disques ventilés. D’un poids de 1580 kg, la Mercedes-Benz 450SL n’est pas une sportive, mais une agréable routière propice au cruising et aux longues balades, ne réalisant le 0 à 100 qu’en 9.3 secondes pour une vitesse de pointe de 210km/h. Le son du V8 rythme le voyage et les reprises décuplent les émotions. La direction reste assez précise avec ses roues indépendante et ses pneumatiques de 14 pouces. Le moteur connaîtra un changement notable d’injecteur électronique, en 1975, modifiant ses performances et sa puissance : la Mercedes 450 SL passe à 217ch et à 183ch pour la version USA.

Mais la Mercedes-Benz 450SL ne rentra pas dans la légende ni pour sa plastique, ni par ses performances ! En effet, cette Allemande fut à l’affiche de nombreux films et séries TV au à l’image de Dallas, d’American Gigolo, de Casino, de Pour l’amour du risque ou encore de Flic de Beverly Hills.

Générique de la série American Gigolo – Crédit Photos : American Gigolo

Egalement déclinée dans une version coupé, la Mercedes-Benz 450SLC, et cabriolet (avec une toile souple ou un hard top), elle connaîtra sept ans de carrière, de 1973 à 1980, avant de céder sa place à la Mercedes 500SL/SLC.

CaractéristiquesDonnées
MoteurV8 à injection électronique Bosch K-Jetronic
longitudinal avant
PuissanceVersion européenne : 225ch, puis 217ch
Version américaine : 193ch, puis 183ch
Cylindrée4250cm3
TransmissionPropulsion
Boite de vitesseAutomatique 3 rapports
FreinsDisques ventilés
Poids1580kg
0-1009.3 secondes
Vitesse max210km/h

Parole de collectionneur : « La Mercedes-Benz 450SL, c’est une autre personnalité plus exubérante et moins austère »

C’est à l’occasion d’une belle journée à Paris que nous sommes partis à la découverte de ce modèle élégant de confection allemande imaginé pour le marché américain. Nous y avons rencontré le propriétaire de cette Mercedes-Benz 450SL de 1978. Voir une Mercedes-Benz 450SL USA en France est assez rare, comment êtes-vous devenu propriétaire d’un tel véhicule ?

J’ai eu l’occasion de tomber sur cette voiture, dans un garage parisien. Le coup de cœur fut immédiat. Il y a eu une émotion, car je n’étais pas parti sur une version US, ni sur ce coloris verni marron et ce moteur V8. Mais j’ai craqué. L’habitacle couleur marron « biscuit » se marrie parfaitement à la carrosserie ! Au niveau de l’intérieur, en comparaison avec la Mercedes-Benz SLC 280 « R107 » européen, les finitions sont plus qualitatives, compte tenu du marché outre-Atlantique. A noter que les baguettes chromées autour des phares et la climatisation n’étaient pas présentes sur le coupé. Sur celui-ci, je n’ai rien effectué comme travaux. Toutefois, généralement, les Mercedes-Benz 450SL sont, soit, rouillées ou soit, cuites au niveau du tableau de bord. Heureusement, je n’ai rien eu de tout ça !

Quels sont les aspects qui vous ont le plus attiré sur ce modèle très spécifique ?

Personnellement, j’adore la marque à l’étoile, car j’en ai eu deux autres auparavant : une Mercedes-Benz SLC R107 à empattement long et une Mercedes-Benz CLK W208 cabriolet. J’avais envie de réunir ces deux ambiances. Comme c’est une Mercedes-Benz 450SL US, on retrouve le bloc V8 de 193ch, coupleux et à la sonorité très sympa. Après, il y a les valeurs intrinsèques de Mercedes qui m’ont amené à choisir ce modèle à l’image de cette couleur, du confort et des performances en mode cruising. A l’époque, les budgets de RetD étaient plus large et personnalisables. Les modèles actuels sont plus standardisés.

Vous connaissez bien les deux versions de la Mercedes-Benz 450SL. Pouvez-vous nous dire les principales différences de cette série US comparée à la série européenne ?

La Mercedes-Benz 450SL US implique des modifications qui lui donnent une autre personnalité plus exubérante et moins austère comparée à la version européenne. Sa face avant est clairement exubérante et vient renforcer son caractère. Elle se reconnait par ses doubles optiques, son pare-choc assez avancé (contrairement à celui de la version européenne, ndlr), ses veilleuses-clignotants, ses catadioptres latérales, son compteur en miles et le fait qu’elles soient catalysées. Sans oublier l’intérieur qui offre une qualité de cuir et sky très épais ainsi qu’une vraie boiserie. Celui de ce modèle se nomme « Zebrano ». Il faut savoir que la majorité des Mercedes-Benz R107 ont été vendues aux Etats-Unis. Elles étaient exclusives par rapport aux autres marques.

Si vous deviez qualifier cette voiture en trois mots, ce seraient lesquels ?

Je dirais puissance, qualité et image de marque. Dans le ranking mondial automobile ou horloger, dans lequel j’ai exercé, on retrouve les marques premium allemandes. Je suis très attaché aux valeurs de l’étoile germanique que l’on ne retrouve pas chez d’autres marques. Personnellement, ce qui fait l’ADN de Mercedes est sa grille avant, son volant immense ou encore ses feux antisalissures arrières,… La teinte ne vieillit pas. J’ai réalisé récemment, sur cette Mercedes-Benz 450SL US, un detailing avec les produits Meguiars.

Vous êtes un vrai passionné de Mercedes-Benz !

Carrément, je connais les numéros de code d’options de chaque modèles ! Seuls les initiés les connaissent par cœur !

Quelles sont les trois qualités et les trois défauts de cette Mercedes-Benz 450SL US ?

En premier, je met en avant le confort et la tenue de route, propre à Mercedes-Benz. Ça tient très bien le pavé contrairement aux voitures américaines traditionnelles de l’époque. L’agrément de conduite est bien équilibré avec un passage des rapports de la boîte automatique fluide et un système de freinage endurant et efficace. Enfin, la magie du cabriolet est intact avec une transformation manuelle, mais rapide. Le hard top permet de rouler à n’importe quelle saison au travers de deux voitures en une. Au niveau des défauts, il n’y en a pas ! (rires). Je dirais déjà le poids, car avec 1.6 tonnes sur la balance et le moteur V8, la consommation est très importante. Le pare-chocs proéminent rajoute 25 cm en longueur ce qui ne facilite pas les manœuvres. La qualité se paie. Pour information, la Mercedes 560SL est l’apogée de cette ère.

Quels sont les regards des passants ou des passionnés à la vue de cette Mercedes-Benz 450SL ?

Je pense au terme bienveillant, mais il arrive que certain(e)s expriment de la jalousie (ou des noms d’oiseaux), sachant que c’est un véhicule avec un gros moteur et peu écologique. Mais cela reste rare. En revanche, les gens l’identifient immédiatement comme étant une version US. La gente masculine l’apprécie fortement, ainsi que celle féminine. Cette voiture est un outil efficace pour draguer ! (rires) C’est une aide à la drague, en plus de la conduite. On me pose régulièrement des questions dessus, d’ouvrir le capot,…

D’après vous, quel est l’avenir de ce modèle ?

L’idée n’est pas du tout spéculatif. Je souhaite en profiter au maximum et au quotidien. Après avoir eu deux Mercedes, une Jaguar XJ-S 4.2 « facelift », une Alfa Roméo Spider Série 3 avec option Zender (becquet arrière couleur carrosserie), une Morris Minor Traveller (Woody) vert-amande, la Mercedes-Benz 450SL vient compléter la collection. Elle devient progressivement l’ambassadrice de mon entreprise, car je fais des livraisons de temps en temps. Je fais beaucoup de photos sur Facebook et Instagram avec les différentes rénovations.

Puisque vous en parlez, pouvez-vous nous en dire plus sur votre entreprise « Reflets de cuir » ?

Il s’agit d’une société crée en 2017. Passionné de cuir et de chaussures, exerçant auparavant dans l’horlogerie, je m’occupe de la rénovation de chaussures, de bagages et des selleries de véhicules. Les délais sont assez courts d’où une réactivité intense. J’ai notamment refait l’intérieur (sellerie, garnitures de portes,…) de la Citroen DS23 « Pallas » d’Olivier Bergès, dans son garage ! A cela on ajoute, des animations dans des entreprises, des boutiques et des particuliers autour du cuir. J’installe un dispositif de Salon Cireur et j’apprend à cirer aux gens. Parmi les événements marquants, il y a la marque automobile Lexus en partenariat avec les chaussures Weston, les horlogers de luxe comme IWC, Vacheron Constantin, Panerai… Je me déplace sur toute la France avec la voiture et le matériel comme Lyon ou Aix-en-Provence. Autour de cela, je travaille avec une conciergerie et une cave à cigare « Gentlemen 1919 ». D’autres projets sont en cours, malgré le confinement. La structure juridique a évolué et le créneau est porteur. J’essaye de reste compétitif et de montrer aux gens qu’entretenir des chaussures n’est pas forcément simple. Pourquoi racheter du neuf, alors qu’on peut rénover nos affaires ?. Elles ont un passé sentimental et familial.

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS

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