Florentia, un cas d’école, l’importance du capital humain !

Vous avez été nombreux à nous poser une question : « Au début du XXe siècle, les constructeurs italiens, naquirent-ils uniquement à Turin et dans la région milanaise ? » Nous avons pensé immédiatement à Florentia fondée à Florence. Cependant, à mesure que cet article fut écrit, nous avons finalement choisi comme titre « Florentia, un cas d’école, l’importance du capital humain ! »

ABSOLUTELY CARS vous invite à redécouvrir cette saga florentine, Florentia étant une marque relativement oubliée…

La FTA Florentia

Des investisseurs florentins fondèrent en 1901 à Florence, FTA (Fabbrica Toscana Automobili). A l’instar de nombreux constructeurs italiens (Bianchi exploitant des motorisations De Dion-Bouton), Diatto (se rapprochant de Gustave Adolphe Clément), Isotta Fraschini (s’appuyant sur Louis Renault), ils se tournèrent vers l’ingénieux français Joseph-Gustave-Henri Bauchet, dit Henri Bauchet (1879-1970). Ce dernier fut constructeur d’automobiles entre 1899 et 1907, son usine étant implantée à Rethel dans les Ardennes. Son modèle évolua aux cours des années. Initialement, il s’agissait d’une voiture moderne pour l’époque : V2 refroidi par air de 5 chevaux monté à l’avant, transmission sans chaîne, boîte à vitesses à pignons baladeurs et prise directe, allumage électrique, 4 roues de diamètre identique, pneus Michelin. La puissance du bicylindre attint, dans les ultimes exemplaires, 8 chevaux. Henri Bauchet ne parvint pas à prouver qu’il était l’inventeur de la prise directe, découverte finalement attribuée à Louis Renault. En 1907, il se consacra à la production de moteurs stationnaires ; en 1909, à une activité complémentaire, celle des tracteurs agricoles ; en 1914, à une activité supplémentaire, celle des tracteurs agricoles à chenilles. Par la suite, il réalisa des tracteurs mixtes ; roues en place pour la route ; roues déposées, les chenilles devenant actives pour les champs. Ses activités cessèrent au milieu des années 60.

FTA avait son siège social à Via del Ponte all’Asse 24 et son atelier à Viale in Curva 15. Le premier modèle commercialisé fut la FTA Florentia 5/7hp, son bicylindre étant refroidi par eau. En septembre 1901, un pilote florentin réussit à franchir avec cette voiture la montée du Montenero, dont la pente atteignait 22 % sur certains tronçons. Cette automobile fut produite jusqu’en 1903.

FTA rebaptisée Florentia

Le 11 mars 1903, la FTA devint la SA Florentia. La Florentia 10hp munie d’un 2 cylindres en ligne, fut conçue en interne et vendue entre 1903 et 1905. La société avait les moyens financiers pour se développer. Pour cela, elle fabriqua les moteurs stationnaires et des motopompes.. Entre 1905 et 1906, furent produites la Florentia 16hp et la Florentia 35hp sous licence Rochet-Schneider, toutes les deux étant équipées d’un 4 cylindres. La société envisagea également de construire des camions et des omnibus En 1905, fut débauché l’ingénieur Frédéric Airault (1868-1944) des Moteurs Buchet de Levallois-Perret (située à proximité de Paris) pour produire des canots motorisés au chantier naval Viale San Bartolomeo de La Spezia, port situé en Ligurie. En 1906, Frédéric Airault devint le directeur technique de la Société française des Trains Renard, une entreprise parisienne spécialisée dans la construction de trains routiers !

Entre 1906 et 1908, furent produites les Florentia 18/24hp (ou 20/30hp selon la dénomination britannique), 24/32hp (ou 30/35hp selon la dénomination britannique) et 40/52hp (ou 40/50hp selon la dénomination britannique), puis entre 1907 et 1908, la Florentia 40hp munie d’un 6 cylindres en ligne, toutes conçues en interne. Ces 4 voitures furent exportées au Royaume-Uni par M. De Brou & Co (34, Hans Crescent, London). Elles ne connurent pas le succès car les puissances spécifiques étaient faibles, entre 5,3 et 6 chevaux par litre de cylindrée. Entre 1907 et 1910, fut produite la 6 cylindres Florentia 28hp sous licence Rochet-Schneider. En 9 ans, seulement 208 automobiles furent fabriquées. Le 16 juillet 1910, la société fut mise en liquidation. Chez Florentia, le capital humain était inexistant, tant au niveau de la recherche et du développement qu’au niveau commercial et management. FIAT eut la chance, à ses débuts, d’avoir dans ses effectifs, les frères Ceirano et Vincenzo Lancia ; Isotta Fraschini, les frères Maserati.

Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives


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