Hanomag, un important industriel allemand qui produisit des voitures pendant 17 ans !

Hanomag a marqué l’histoire de l’industrie mécanique en produisant une remarquable diversité de matériels : chaudières, machines à vapeur, locomotives, charrues motorisées, tracteurs agricoles à chenilles puis sur roues, tracteurs routiers, véhicules utilitaires légers, engins de chantier, camions, autobus, autochenilles et automobiles. Dans chacun de ces domaines, la marque Hanomag conserve aujourd’hui encore un cercle fidèle de passionnés.

Entre 1924 et 1941, Hanomag fabriqua environ 85597 voitures, dont plusieurs modèles se distinguèrent par leur originalité technique et stylistique.

ABSOLUTELY CARS vous invite à redécouvrir la fabuleuse aventure de Hanomag et l’histoire de ses automobiles, souvent audacieuses, parfois surprenantes, mais toujours originales.

Hanomag, un très important industriel !

L’aventure commença avec la création d’une fonderie, le 6 juin 1835, située à Linden par Georg Egestorff (1802-1868) sous la dénomination d’Eisen-Giesserey und Maschinenfabrik Georg Egestorff (Fonderie de fer et fabrique de machines Georg Egestorff). Les activités industrielles intégrèrent rapidement la fabrication des chaudières et des machines à vapeur destinées notamment, à un usage agricole. En 1846, la société sortit sa première locomotive destinée à la ligne hanovrienne Lehrte-Hildesheim. En 1868, les héritiers de Georg Egestorff vendirent leurs parts sociales à Baruch Hirsch Strausberg (1823-1884), propriétaire du chemin de fer Hanovre-Altenbeken. Le 10 mars 1871, la société fut reprise par un consortium bancaire et fut rebaptisée la Hannoversche Maschinenbau AG. En 1902, Erich Metzeltin (1871-1948) fut embauché et créa la marque commerciale Hanomag en 1904. Entre 1905 et 1908, furent fabriqués des camions à vapeur pour l’armée allemande.

En 1912, débuta la production des fameuses charrues motorisées, excellentes grâce à une garde de sol variable, manœuvrée manuellement. En effet, préalablement, mais également en 1912, fut fondée à Berlin, la Deutsche Kraftpflug-Gesellschaft mbH par l’ingénieur Ernst Wendeler et l’agriculteur Boguslav Dohrn. Ces derniers mirent au point la garde de sol variable, dénommée « System Wendeler und Dohrn » ou « WD ». Ils contactèrent la Hannoversche Maschinenbau AG et un atelier fut créé à Hanovre pour fabriquer :

  • de 1912 à 1915, la Hanomag WD50/WD60/W65 équipée d’un 4 cylindres de 14137cm³ (150×200) développant de 50ch à 600tr/mn à 65ch à 700tr/mn,
  • de 1915 à 1919, la Hanomag WD80 munie d’un 4 cylindres de 15095cm³ (155×200) développant 80ch à 700tr/mn,
  • de 1921 à 1924, la Hanomag WD35 équipée d’un 4 cylindres de 5702cm³ (110×150) développant 35ch à 900tr/mn.

Pendant la Première Guerre mondiale, la société hanovrienne poursuivit sa production civile, celle des charrues motorisées étant abandonnée en 1924 ; celle des locomotives ferroviaires, en 1931. La société se réorienta progressivement vers d’autres secteurs d’activités :

  • à partir de 1919, fabrication des tracteurs agricoles à chenilles exploités également en industrie pour déplacer des pièces lourdes ou des wagons, le Hanomag WD Z20 étant de premier assemblé de cette longue lignée,
  • à partir de 1924, réalisation des voitures,
  • à partir de 1924, construction des tracteurs agricoles sur roues, également exploités comme tracteurs routier, le Hanomag WD R26 étant de premier assemblé de cette longue lignée,
  • à partir de 1927, fabrication de véhicules utilitaires légers,
  • à partir de 1931, réalisation de moteurs diesel,
  • à partir de 1933, construction des engins de chantier, notamment des bulldozers à chenilles (Planierraupen) et des chargeuses à chenilles (Laderaupen).

Au cours des années 1930, Hanomag comptait parmi les principaux constructeurs allemands d’engins de chantier et était probablement le leader allemand dans le domaine des bulldozers et chargeuses à chenilles.

Bien entendu, l’armée allemande s’intéressa à Hanomag. Un déficit flagrant de chars contre les Alliés s’était manifesté pendant la Première Guerres mondiale. En 1927, fut réalisé le prototype « 3,7cm Selbstfahrlafette auf Hanomag-Schlepper » (canon automoteur sur tracteur Hanomag) ; en 1931, le « 7,7cm Selbstfahrlafette auf Hanomag-Schlepper » essayé en 1933 à Kama en URSS dans le cadre du Traité de Rapallo. Les soubassements exploités étaient des tracteurs agricoles à chenilles. En effet, l’armée allemande acheta des :

  • Hanomag WD Z25 fabriqués entre 1921 et 1931, munis d’un 4 cylindres de 4253cm³ (95×150) délivrant 25ch à 950tr/mn,
  • Hanomag WD Z50 fabriqués entre 1921 et 1931, munis d’un 4 cylindres de 8875cm³ (135×155) délivrant 50ch à 900tr/mn,
  • Hanomag K50 fabriqués entre 1933 et 1944, munis d’un 4 cylindres diesel de 5195cm³ (105×150) délivrant 50ch à 1300tr/mn.

L’armée allemande acquit également des tracteurs routiers sur roues :

  • le Hanomag SS55 fabriqué entre 1933 et 1941, muni d’un 4 cylindres diesel de 5195cm³ (105×150) délivrant 55ch à 1500tr/mn, accouplé à une boîte à vitesses 4 rapports,
  • le Hanomag SS20 fabriqué entre 1937 et 1942, muni d’un 4 cylindres diesel de 1910cm³ (80×95) délivrant 20ch à 2000tr/mn, accouplé à une boîte à vitesses 4 rapports,
  • le Hanomag SS60 L fabriqué entre 1938 et 1942, muni d’un 4 cylindres diesel de 5195cm³ (105×150) délivrant 60ch à 1600tr/mn, accouplé à une boîte à vitesses 4 rapports,
  • les Hanomag SS100 N/LN fabriqués entre 1938 et 1945, muni d’un 6 cylindres diesel de 8553cm³ (110×150) délivrant 100ch à 1500tr/mn, accouplé à une boîte à vitesses 4 rapports.

En complément, l’armée allemande acheta des camions relativement imposants, les Hanomag HL 3-3,5 60ps, les Hanomag HL Unterflurmotor, les Hanomag HDS 3-3,5 65ps, les Hanomag HL 5-6 100ps.

A l’instar de nombreux constructeurs allemands, Hanomag produisit sa quote-part de Sonderkraftfahrzeug 11 (Sd.Kfz. 11 leichter Zugkraftwagen 3 tonnes) entre 1938 et 1942, une autochenille non blindée. Egalement, entre 1939 et 1945, Hanomag fabriqua sa quote-part de Sonderkraftfahrzeug 251 (Sd.Kfz. 251), une autochenille blindée.

Après la Seconde Guerre mondiale, la fabrication des tracteurs agricoles, des tracteurs routiers, des engins de chantier, des véhicules utilitaires légers reprit. En 1952, le sidérurgiste Rheinstahl acquit la société hanovrienne.

En 1953, débuta la production des tracteurs agricoles Rheinstahl Hanomag sous la dénomination Hanomag Argentina SA. L’usine exploitée fut celle de La Matanza dans la province de Buenos Aires. Le modèle le plus connu était le R35 muni d’un 4 cylindres diesel de 2799cm³ (90×110) délivrant 35ch à 1900tr/mn. En 1960, la fabrication fut déplacée à Granadero Baigorria, dans la province de Santa Fe. La société argentine prit alors comme dénomination Rheinstahl Hanomag-Cura SA. Le modèle R60 fut réalisé entre 1960 et 1969. Son 4 cylindres diesel de 5702cm³ (110×150) développait 60 chevaux. Le modèle R75 fut assemblé entre 1960 et 1965, le même 4 cylindres diesel délivrant alors 75 chevaux.

Par ailleurs, entre 1959 et 1980, l’entreprise espagnole Barreiros fabriqua sous licence Hanomag, le tracteur agricole R545. Son 4 cylindres diesel de 6232cm³ développant 65ch à 1425tr/mn fut remplacé en 1964 par un 4 cylindres diesel de 6786cm³ délivrant 77ch à 1475tr/mn.

En 1961, Hanomag acheta l’usine de Brême du groupe Borgward. En 1969, Hanomag fusionna avec Henschel. En 1971, Daimler-Benz AG racheta Hanomag-Henschel et continua la fabrication des véhicules utilitaires légers. Entre 1977 et 1984, l’usine de Brême assembla le fourgon Mercedes-Benz T1 disponible également sous la forme d’un camion léger. Egalement, en 1977, débuta la production du break Mercedes-Benz S123. Depuis, de nombreux modèles de la marque à l’étoile furent (ou sont) réalisés dans l’usine de Brême, à l’instar des roadsters Mercedes-Benz SLK (R170, R171 et R172).

La production allemande des tracteurs agricoles stoppa en 1970. La fabrication des engins de chantiers se poursuivait sous différents propriétaires : Massey Ferguson à partir de 1974, IBH Holding à partir de 1980, Komatsu à partir de 1984 avec une prise de participation majoritaire en 1988, une absorption totale en 2002 sous la désignation Komatsu Hanomag GmbH.

En Amérique latine, depuis 2011, des tracteurs agricoles sont commercialisés sous la marque Hanomag par la société DHM Industry S.A. Ils sont livrés en l’état par les constructeurs chinois Linyi Shunkai International et Shandong Junmadao Machinery.

Aujourd’hui, les amateurs de Hanomag continuent de faire vivre l’héritage de la marque lors de rassemblements et de manifestations dédiés. Cependant, l’évolution de l’entreprise a toujours reposé sur des choix dictés moins par la passion que par le pragmatisme de ses dirigeants, soucieux de saisir les opportunités stratégiques tout en tenant compte des contraintes économiques de leur époque.

Hanomag, des voitures « entrée de gamme » étonnantes !

En 1924, fut lancée sur le marché, la Hanomag 2/10ps. Elle fut conçue par Karl Pollich (1892-1972) , Fidelis Böhler (1887-1954) et Hellmuth Butenuth (1898-1990). Tout en elle était original :

  • monocylindre transversal de 503cm³ refroidi par eau, muni de soupapes en tête, implanté entre les roues arrière,
  • suspension avant à roues indépendantes,
  • essieu arrière rigide,
  • boîte à vitesses 3 rapports + marche arrière,
  • absence de différentiel,
  • phare central et batterie 6V,
  • poids à vide compris entre 370 et 430kg et consommation de 4l/100km,
  • carrosserie principalement en acier de type ponton !

Cette voiture économique, stricte 2 places, disponible en conduite intérieure, cabriolet, landaulet et roadster, furent rapidement surnommée « Kommissbrot » (pain militaire). Pour faire face à son succès commercial, elle devint la deuxième petite voiture allemande à être construite sur une chaîne de montage, à l’instar de l’Opel 4ps sortie la même année. Retirée du marché en 1928, elle fut fabriquée à 15775 exemplaires.

En 1929, apparut la Hanomag 3/16ps, extrêmement classique. Son 4 cylindres était implanté à l’avant et muni de soupapes latérales. Sa carrosserie était constituée d’une structure en bois recouverte de tôle d’acier. Les deux essieux étaient rigides. En 1930, cette voiture bénéficia d’un différentiel et fut complétée par la Hanomag 4/20ps. Exploitant un châssis d’un empattement de 2,3m, cette série fut réalisée à 9300 unités et retirée du marché en 1931.

La nouvelle série se dénomma Hanomag 3/17ps, Hanomag 3/18ps, Hanomag 4/23ps et Hanomag Garant Typ 11/4 ; seule cette dernière était équipée d’une boîte à vitesses 4 rapports. Exploitant un châssis d’un empattement de 2,45m, dépourvue de version 2 places, cette série fut réalisée à 16610 exemplaires et retirée du marché en 1935.

Entre 1934 et 1938, fut fabriquée à 10414 exemplaires la Hanomag Kurier Typ 11K, équipée d’une boîte à vitesses 4 rapports et d’un châssis d’un empattement généreux de 2,73m. Elle fut complétée par la Hanomag Garant Typ 11/35 entre 1935 et 1936, par la Hanomag Garant Typ 11/36 entre 1936 et 1938, toutes les deux munies d’une suspension avant à roues indépendantes et d’un châssis d’un empattement de 2,47m. Ces deux dernières voitures représentèrent un volume de production de 8287 unités.

Au printemps 1939, fut présentée la Hanomag 1,3 liter. Elle était aussi originale et en avance sur son temps que la Hanomag 2/10ps dite « Kommissbrot ». Son 4 cylindres de 1299cm³ était munie de soupapes en tête et délivrait 32ch à 3600tr/mn. Il était accouplé à une boîte à vitesses 4 rapports entièrement synchronisée ! Elle était équipée d’une suspension avant à roues indépendantes, de 4 freins à tambours assistés hydrauliquement, d’une carrosserie profilée (Cx de 0,39) monocoque autoporteuse en acier. Le toit en toile était optionnel. Elle fut fabriquée jusqu’en 1941, à 9187 exemplaires.

Hanomag, des voitures « milieu de gamme » rassurantes !

A l’automne 1933, apparut une voiture visant les ménages aisés, la Hanomag 6/32ps Typ 15. Son 4 cylindres de 1504cm³ était muni de soupapes en tête et était accouplé à une boîte à vitesses 4 rapports. Les 4 freins à tambours étaient présents. En février 1934, elle fut profondément restylisée : adoption de la suspension avant à roues indépendantes, de l’assistance hydraulique au freinage, d’un châssis de 2,83m d’empattement au lieu de 2,61m, d’une nouvelle dénomination. La nouvelle Hanomag Rekord Typ 15K eut droit à une motorisation diesel. Cette variante fut présentée lors du Salon de l’automobile de Berlin en février 1936, en même temps que la Mercedes-Benz 260D W138. Cependant la Hanomag Rekord diesel n’entra en production qu’en 1937, son système de préchauffage nécessitant une batterie 12V.

Cette série fut fabriquée à 20439 exemplaires, jusqu’en 1940, seulement 5,3% furent équipées d’une motorisation diesel.

Hanomag, des voitures « haut de gamme » prestgieuses !

En 1934, fut lancée une voiture visant les ménages très aisés, la Hanomag Sturm Typ 22K. Son châssis de 3,05m d’empattement était équipé d’un 6 cylindres de 2257cm³ muni de soupapes en tête, accouplé à une boîte à vitesses 4 rapports, de 4 freins à tambours assistés hydrauliquement, d’une suspension avant à roues indépendantes. En 1936, elle fut rebaptisée Hanomag Sturm Typ 23K, un châssis de 3,15m d’empattement devenant disponible. Cette série fut fabriquée à 4885 unités, jusqu’en 1939. Après la Seconde Guerre mondiale, la production en série des voitures ne fut pas relancée.

Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives


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