Trojan, Elva, McLaren, des marques intimement liées !

Trojan, Elva, McLaren, ces marques furent intimement liées. ABSOLUTELY CARS vous invite à redécouvrir cette nouvelle saga. Leslie Hayward Hounsfield (1877–1957) enregistra la société Trojan Limited à Croydon en 1914, il y a 110 ans. Son objectif était fort simple, réaliser une voiture économique équipée d’un 4 cylindres deux temps associé à une boîte à vitesses 2 rapports et de pneus pleins. Le démarreur était bien entendu absent. La Première Guerre mondiale ajourna le projet qui finalement se concrétisa en 1922 avec la fameuse phrase publicitaire  «  il n’est pas plus coûteux de couvrir la distance de 200 miles à bord d’une de ces voitures qu’à pied, au regard du budget qu’il est nécessaire de consacrer à l’achat de chaussures et au remplacement des chaussettes ! ».

Trojan, des voitures spécifiques

La cylindrée originelle de la Trojan 10 de 1922 fut de 1529cm3. La courbe de sa puissance était relativement plate, 10ch à 400tr/mn, 11ch à 1200tr/mn. Pour des raisons fiscales, la cylindrée fut rapidement ramenée à 1488cm3 avec une puissance de 10ch à 1200tr/mn. Le moteur de forme carré était implanté en position centrale longitudinale, sous le plancher. Son architecture était unique : 4 cylindres à plat refroidi par eau, chaque paire de cylindres étant unie par une chambre de combustion commune incorporant une seule bougie ! Le grand constructeur de camions Leyland Motors fut intéressé par cette voiture. Un accord fut conclu pour une fabrication dans son usine de Kingston upon Thames. Les véhicules commerciaux bénéficièrent d’une publicité particulière avec les mentions « Trojan » et « Leyland Motors Limited ». Des pneumatiques furent proposés en option. Ainsi, 11000 voitures de tourisme et 6700 utilitaires furent assemblées jusqu’en 1928. La fabrication fut transférée à Croydon, près de Londres, par manque de place, la construction des camions Leyland Motors devenant primordiale. La société des thés Brooke Bond fut un client important, ce qui contribua à la notoriété des véhicules Trojan. Certains propriétaires réalisèrent 100 000 miles (161 000km) avant de faire effectuer une première révision et les ecclésiastiques apprécièrent ces automobiles. La Trojan RE présenta la particularité d’être équipé d’un moteur implantée à l’arrière. La production des voitures s’interrompit momentanément en 1936, mais celle des véhicules commerciaux continua.

Lorsque BMW accéléra la cadence de production de l’Isetta, l’avionneur Heinkel introduisit en 1956 sa Kabine 175 Typ 150 équipée de trois roues, d’une porte frontale, de 2 places avant, de 2 places arrière pour les enfants, d’un monocylindre OHV de 174cm3 refroidi par air implanté à l’arrière. Son empattement était de 1,76m. Dès l’année suivante, furent fabriquées à Stuttgart-Zuffenhausen, les Kabine 200 Typ 153 (pour trois roues) et Typ 154 (pour 4 roues sans différentiel). L’entreprise de Croydon fut intéressée et en produisit sous la dénomination Trojan 200 entre 1960 et 1965, en version 3 roues, 4 roues et utilitaire. En parallèle, Trojan fabriqua des kartings (vendus également en kit pour bénéficier de la réduction de taxes) et des mini-cyclomoteurs dénommés Trobike.

Après la Seconde Guerre mondiale, ayant quitté l’armée en 1947, G. Nichols (1921-1997) acheta un garage à Westham dans le Sussex, puis déménagea à Bexhill-on-Sea. A partir de 1955, il fabriqua des barquettes souvent dénommées Elva Competition roadster, munies de carrosseries en fibre de verre. Cette activité culmina entre 1957 et 1961. En 1957, fut lancée l’Elva Courier roadster qui reprenait la même philosophie que les barquettes, mais le 4 cylindres OHC Coventry Climax fut remplacé par un 4 cylindres OHV BMC. Le succès fut au rendez-vous. Cependant l’entreprise de Bexhill-on-Sea ne disposa pas d’une trésorerie suffisante pour poursuivre la production de l’Elva Courier roadster, décliné en coupé à partir de 1961. Trojan reprit la fabrication. Elva put se permettre de réaliser en quelques exemplaires les coupés Elva-BMW GT160 Fissore et Elva-BMW GT160S Fissore. La boîte manuelle 4 rapports fut généralement utilisée. Entre 1963 et 1966, les Elva by Trojan équipées du 1799cm3 de la MG MGB, pouvaient bénéficier d’un overdrive. Les freins à disques à l’avant furent optionnels dès 1960, montés en série à partir d’octobre 1962.

McLaren, des voitures tout aussi spécifiques

Bruce McLaren (1937-1970) était un grand pilote automobile néo-zélandais. Il courut en championnat du monde de Formule 1, disputant 98 Grands Prix de 1958 à 1970. Le 2 septembre 1963, il fonda la Bruce McLaren Motor Racing Limited pour réaliser ou faire réaliser des monoplaces ainsi que des sports-prototypes pour concourir en CanAm (Canadian-American Challenge Cup). D’ailleurs, cette écurie remporta suffisamment d’épreuves CanAm pour être classée vainqueur entre 1967 et 1971, deux titres pour Bruce McLaren en 1967 et 1969, deux titres pour Denny Hulme (1936-1992) en 1968 et 1970, un titre pour Peter Revson (1939-1974) en 1971. Ces sports-prototypes furent réalisés avec le concours d’Elva et de Trojan ! En Formule 1, les résultats de Denny Hulme étaient encourageants. Avec la Bruce McLaren Motor Racing Limited, il se classa 3ème au championnat du monde en 1968, 6ème en 1969, 4ème en 1970, 9ème en 1971 ; sous les couleurs d’Yardley Team McLaren, 3ème en 1972 et 6ème en 1973. En essayant le sport-prototype McLaren M8D, Bruce McLaren se tua sur le circuit de Goodwood le 2 juin 1970. Il ne verra pas les nombreux titres accumulés par son écurie en Formule 1 :

  • constructeur : 1974, 1984, 1985, 1988, 1989, 1990, 1991 et 1998,
  • pilote : 1974, 1976, 1984, 1985, 1986, 1988, 1989, 1990, 1991, 1998, 1999 et 2008.

En 1969, Bruce McLaren envisagea la production d’une supercar, la McLaren M6GT, chez Trojan. En effet, ce constructeur disposait de l’outillage et du savoir-faire nécessaires. D’ailleurs, il réalisa sous son nom des voitures de course Formule 5000 avant de s’engager en Formule 1 pour la saison 1974. La McLaren M6GT fut assemblée, malheureusement, qu’à trois exemplaires, malgré une production de 50 carrosseries fabriquées chez Specialized Mouldings. Son V8 OHV de 5733cm3 d’origine General Motors était implanté en position centrale longitudinale arrière et accouplé à une boîte à vitesses manuelle 5 rapports. Ce coupé était muni de portes « coléoptère », son capot moteur s’ouvrait vers l’arrière, les 4 roues indépendantes et les 4 freins à disques ventilés étaient présents. Son empattement était de 2,38m. Sa vitesse maximale était de 266km/h.

Edward Mayer, plus connu sous le nom de Teddy Mayer (1935-2009), travailla dès 1963 chez McLaren, succéda à Bruce McLaren en 1970, quitta la société en 1982. Ronald Dennis (1947-….) prit les commandes de l’écurie en 1980 et créa, en complément de McLaren Racing, McLaren Automotive en 1989, les deux entités constituant McLaren Group. Il embaucha en 1987 Ian Gordon Murray (1946-….) pour aider Steve Nichols (1947-….) à concevoir, notamment, une voiture de tourisme exceptionnelle, la McLaren F1. Egalement, le professeur Peter Stevens (1943-….) fut sollicité pour le design intérieur et extérieur. Ce coupé fut produit à 106 unités entre 1993 et 1997 dans l’usine située à Woking, dans le comté du Surrey en Angleterre. Son V12 de 6064cm3 d’origine BMW était atmosphérique et implanté en position centrale longitudinale arrière. Il était équipé de deux double-arbres à cames en tête et de 48 soupapes. Il était accouplé à une boîte à vitesses manuelle 6 rapports. La McLaren F1 était l’une des rares de voitures de tourisme utilisant une structure de châssis monocoque en polymère renforcé de fibres de carbone (CFRP). L’aluminium et le magnésium furent utilisés pour les points de fixation des suspensions et insérés directement dans le CFRP. L’originalité résidait dans la position du siège du conducteur, centrale, entre les deux sièges passagers situés de part et d’autre, légèrement en retrait. Munie de portes « coléoptère », son empattement était de 2,72m.

En juillet 1999, Daimler-Benz acquit 40% des parts sociales de McLaren Group, dirigé par Ronald Dennis jusqu’en 2016. De cette alliance, naquit le coupé Mercedes-Benz SLR McLaren. L’objectif fut une fabrication annuelle de 500 supercars. Pour cela, la motorisation fut simplifiée par rapport à celle de la McLaren F1. Implanté à l’avant, un V8 de 5439cm3 amélioré par AMG fut retenu. Chaque banc de cylindres était équipé d’un simple arbre à cames en tête. Trois soupapes par cylindre étaient présentes. La puissance était obtenue par l’adjonction d’un compresseur Lysholm. Ce moteur était accouplé à une boîte à vitesses automatique 5 rapports munie d’un changement manuel de rapports. Equipée de 2 portes « coléoptère », la structure était en fibre de carbone, les suspensions en aluminium, les freins à disques ventilés en carbone céramique. Au Salon de l’automobile de Detroit 1999, fut présenté le concept car Mercedes-Benz Vision SLR similaire à la version fabriquée ultérieurement en série à Woking. Deux principales innovations étaient adoptées :

  • le Sensotronic Brake Control, un système de freinage sans lien mécanique entre la pédale de frein et les freins du véhicule. Ce dernier fut un nid à problèmes, monté sur des modèles de grande diffusion entre 2001 et 2006. Une extension de garantie fut mise en place pour les clients nord-américains.
  • la technologie bi-xénon dénommée Active Light System, montée sur des modèles de grande diffusion dès 2001, évoluant jusqu’à l’Intelligent Light System actuel.

La production fut lancée le 17 novembre 2003 et les premiers clients furent livrés début 2004. Son empattement était de 2,7m pour une longueur de 4,66m. Le nombre d’exemplaires assemblés fut inférieur à 1800, l’objectif de 3500 unités vendues n’étant pas atteint. Le 16 novembre 2009, Daimler-Benz et Aabar Investments acquièrent 75,1 % des parts de l’écurie britannique Brawn GP Formula One Team qui fut rebaptisée Mercedes Grand Prix. Les 24,9 % restants furent acquis en février 2011, Daimler-Benz possédant alors 60 % du capital de l’écurie et Aabar Investments, 40 %. Malgré le rachat des parts sociales détenues par Daimler-Benz par McLaren sous deux ans (à compter de novembre 2009), la fourniture des moteurs au bénéfice de l’écurie britannique fut prolongée jusqu’en 2030 (annonce du 24 novembre 2023 de Zak Brown, le patron de McLaren).

Redevenue indépendante, McLaren Automotive, filiale de McLaren Group, présenta la McLaren MP4-12C en septembre 2009. Elle fut vendue entre 2011 et 2015 à 3580 exemplaires. Equipée d’une motorisation centrale longitudinale arrière et de 2 portes « coléoptère », la structure était en fibre de carbone. La McLaren Artura constitue son ultime évolution :

  • boîte à vitesses semi-automatique 8 rapports au lieu de 7,
  • empattement ramené de 2,67m à 2,64m.

Article co-écrit par : ABSOLUTELY CARS & CARDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives

https://absolutelycars.fr/culture-automobile/focus-sur-la-mercedes-benz-pagode-et-la-saga-des-mercedes-benz-sl-dans-les-annees-60/

https://absolutelycars.fr/culture-automobile/mg-partie-1-2/

https://absolutelycars.fr/culture-automobile/mg-partie-2-2/


Laisser un commentaire