
Lors d’un rassemblement ou d’un évènement, tous les passionnés d’automobiles de l’entre-deux-guerres vous disent avec admiration « cette voiture est équipée d’un moteur SCAP et d’une boîte à vitesses 4 rapports ! », gage de sportivité, de légèreté et d’efficacité ; d’autant plus si elle est équipée d’un compresseur Cozette, le graal !
Et pourtant, malgré nos recherches, il est difficile de disposer d’une photographie d’une SCAP équipée d’un moteur SCAP !
ABSOLUTELY CARS vous invite à redécouvrir les automobiles SCAP, à la fois inconnues et reconnues pour leurs motorisations.
Les automobiles SCAP
L’aventure débuta le 27 mars 1912 lorsque Lucien Launay et Jean Margaria créèrent la marque SCAP signifiant « Société de Construction Automobile Parisienne ». Les fondateurs dirigeaient auparavant un atelier de réparation. Ils voulurent proposer à la vente des voitures extrêmement fiables. Ils ne devinrent pas « constructeur », mais « assembleur ». Le siège social était situé au 23, bd Gouvion Saint Cyr à Paris. Expérimentés, ils choisirent leurs fournisseurs : Ballot pour les moteurs, Claudel pour les carburateurs, Bosch pour la magnéto, Auget et Cie pour les châssis, Vermot pour les essieux, Chausson pour les radiateurs, Caplain-Berger pour les ressorts… La particularité résidait dans l’absence d’ouverture latérale au niveau du capot, la présence (sans être une généralité) de poignées de portes baroques, d’un remplacement de la carrosserie si le client (ou l’acquéreur en seconde main) avait de nouveaux besoins. Le modèle le plus diffusé fut la SCAP Type C, son 4 cylindres Ballot de 1460cm³ muni de soupapes latérales délivrait 10ch à 1300tr/mn. L’exportation des automobiles ne sembla pas être envisagée (absence de référence SCAP chez les importateurs britanniques).


En 1917, Lucien Launay lança la production des moteurs d’avions au 47bis et 48, rue Victor Hugo à Courbevoie. En effet, pendant la Première Guerre mondiale, pour répondre à la demande, Hispano-Suiza fournit une licence de construction des moteurs d’avions à une dizaine de constructeurs d’automobiles situés en région parisienne : Peugeot à Levallois, Delaunay-Belleville à Saint-Denis, Ariès et Ballot à Paris, Brasier à Ivry, Chenard & Walker à Gennevilliers, De Dion-Bouton à Puteaux, Voisin à Issy-les-Moulineaux, Doriot, Flandrin et Parant (D.F.P.) et SCAP à Courbevoie. Après le conflit, en octobre 1920, l’usine SCAP de Courbevoie devint la société anonyme à participation ouvrière « Anciens établissements SCAP ». Elle se consacra à la production de moteurs civils dédiés aux automobiles, aux bateaux et péniches, à l’agriculture, à l’industrie.
La Société Anonyme « Automobiles SCAP » continua la production des voitures jusqu’en 1929, au 49, rue du Point du Jour à Billancourt. Elle utilisa des moteurs SCAP, hormis sur le modèle SCAP Type M qui exploita un moteur CIME (Compagnie Industrielle des Moteurs à Explosion basée à Fraisses dans le département de la Loire). L’exploit sportif vint lors des 24 Heures du Mans de 1927, lorsque Fernand Vallon et Lucien Descaux finirent 4ème au classement général avec une SCAP Type T munie d’un 8 cylindres OHV de 1493cm³, Henri Guibert et Albert Clément avec la même voiture abandonnant au 99ème tour. L’année suivante, Henri Godard et Lucien Lemesle avec leur 4 cylindres, abandonnèrent au 91ème tour ; Henri Guibert et Franz Lefèvre avec leur 8 cylindres, au 95ème tour. Les SCAP Course et Type T étaient équipées de 4 freins à tambours.



La société des anciens établissements SCAP
Sur 7000 constructeurs mondiaux d’automobiles, souvent éphémères, 1492 étaient français. Le besoin en moteurs était réel. La société des anciens établissements SCAP s’intéressa à ce marché. Elle disparut, selon les sources, en 1929 ou 1930 ou 1932, voire 1934 (sans doute, les moteurs SCAP des voitures qui en étaient pourvues entre 1932 et 1934, provenaient de stock).

Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives



