Le Tour Auto 2026, organisé par Peter Auto, a réuni, cette année, près de 240 participants dont une Renault Dauphine Gordini ! Outre d’être une des rares populaires inscrites dans cette compétition, cette voiture française est surtout connue pour avoir été pilotée, du 5 au 9 mai 2026, par le duo père-fils François ALLAIN/Oscar ALLAIN. Produite à l’usine de Flins, cette automobile avait été prêtée pour l’occasion par The Original Renault et a porté haut son numéro 70 ! Et cela nous ne vous aura pas échappé, ce chiffre est bien une référence directe aux 70 ans de cette berline « sportive » dont la puissance atteint 36ch DIN et la vitesse pointe culmine à 126 km/h ! De quoi se faire plaisir sur les routes françaises, à l’occasion des 5 étapes prévues au roadbook, de Paris à Biarritz ! Absolutely Cars a rencontré son pilote lors de la présentation des modèles et équipages sous la verrière du Grand Palais, afin de célébrer avec lui l’anniversaire de cette voiture familiale populaire des années 1960 !

La Renault Dauphine Gordini, la patte du « sorcier » Amédée Gordini !
Aujourd’hui, vous participez à votre 9ème édition du Tour Auto. Dans quel état d’esprit abordez-vous cette nouvelle participation, à bord de cette Renault Dauphine Gordini ?




On est très heureux de partir une nouvelle fois pour ce Tour Auto 2026 qui reste une des courses les plus sympas de l’année, on ne va pas se mentir. Cette année, comme d’habitude, j’essaie de coller un anniversaire. C’est les 70 ans de la Renault Dauphine qui a été une voiture importante, parce que d’abord c’est une voiture populaire française qui a marqué les esprits. C’est la première voiture française qui a atteint 2 millions d’exemplaires en production. Sachant que la première qui avait atteint 1 million, c’était sa grande sœur, la Renault 4CV. C’est important parce que c’est une voiture qui est vraiment l’essence de la voiture populaire. Je pense que pratiquement toutes les familles en France ont eu un cousin, un grand-père, une tante qui a eu une Renault Dauphine. La preuve, c’est qu’on la voit encore aujourd’hui pas mal dans les compétitions VHC (Véhicules historiques de compétition), dans les manifestations, les rassemblements. Je pense qu’il y en a encore beaucoup qui dorment à droite à gauche dans les granges.



Comment peut-on interpréter la côte de popularité de la Renault Dauphine Gordini ?
C’est une jolie petite voiture rondouillarde. Elle attire la sympathie. Les voitures rondes ont toujours eu un attrait plus fort que les voitures taillées à la serpe. Cette voiture-là a une bonhomie et une sympathie réelle auprès des gens. Ce qui est drôle, c’est que depuis qu’on l’a installée ce matin, les mômes sont naturellement attirés par des voitures qui ont des formes rondes comme ça. Elle a un côté bonbon. Elle a un côté madeleine. D’ailleurs, elle a un peu la forme d’une madeleine.
Moi, cet effet là, j’avoue que je l’ai un petit peu à chaque fois. L’intérêt du Tour Auto, c’est qu’il y a à la fois des voitures extraordinaires qu’on ne voit pas tout le temps. Il y a quand même une voiture mythique qui est la Ferrari 250 GTO. C’est une voiture qu’on ne voit absolument jamais, puisqu’on a eu extrêmement peu de produits. Ce sont des voitures qui valent des dizaines de millions d’euros. Quand on en voit rouler en vrai, il y a un côté dingue. Parce qu’une Ferrari 250 GTO, on n’en voit absolument jamais. Si, peut-être une fois de temps en temps à Goodwood / à Goodwood Revival, mais c’est des voitures qu’on voit très très rarement. Ça faisait des années qu’on n’avait pas vu une Ferrari 250 GTO. Et franchement, ça fait partie des « Joconde » de l’automobile.
Et, à l’inverse, il y a des petites voitures populaires, comme la Peugeot 404 des Sapeurs-Pompiers. Nous sommes bien présents avec une petite Renault R8 Gordini comme voisine. Les gens aiment ça. Donc il y a à la fois ce plaisir de voir des voitures passées qui rappellent des souvenirs personnels et familiaux.
Français Allain, le Tour Auto et les populaires, une histoire d’amour
Absolutely Cars vous a suivi quand vous avez fait le Tour Auto en Citroën Traction, en 2019, en Citroën GS, en 2020 ou encore en Peugeot 204, en 2021. Avez-vous gardé la même motivation après avoir roulé sur tant de modèles différents ?
C’est vrai que j’ai utilisé pas mal de modèles : la Peugeot 204 coupée, la Citroën GS, la Renault 4CV… La première fois, c’était en Citroën 2CV avec un certain culot ! Puis il y a eu la Citroën Traction. J’ai fait avec pas mal de choses variées et je suis passé d’un extrême à l’autre. Par exemple, l’année dernière, j’ai été en Citroën DS !






La Citroën DS et la Renault Dauphine sont des voitures extrêmement différentes. Mais si on ose la comparaison, que pourriez-vous dire dessus ?
La Citroën DS et la Renault Dauphine Gordini sont deux voitures radicalement différentes. Elles sont vendues à la même époque, mais elles sont complètement différentes. La Renault Dauphine Gordini est sur une petite propulsion légère, avec très peu de chevaux, mais un poids très faible et un empattement court. La Citroën DS est exactement le contraire, car c’est une cylindrée beaucoup plus forte, une puissance bien plus importante, mais un empattement très long et une voiture beaucoup plus lourde en traction avant.

Comment aborde-t-on la préparation dans la catégorie « régularité » et les sensations de conduite ?

On va être un peu coincé. Parce qu’en fait, mon fils, lui, si ça tenait qu’à lui, il irait à fond les ballons. Alors sauf qu’à fond les ballons, dans une Renault Dauphine, c’est très mesuré. J’essaye de lui inculquer le principe de la régularité. En fait, la régularité sur circuit, ça impose effectivement de doser l’accélération. Si on se fixe une moyenne de 60km/h, il faut s’y tenir. Celui qui gagne des points, ce n’est pas celui qui va le plus vite, c’est celui qui maintient sa régularité sur les 5-6 tours qu’on fait, en étant tout le temps à 60km/h de près ou de loin.
Sur un circuit, on peut être gêné par les autres. Dans notre cas, c’est peut-être nous qui allons gêner les autres. Parce qu’évidemment, comme on a la plus petite voiture du Tour Auto, on ne sera forcément pas très rapide. Mais c’est la règle du jeu. L’année dernière, j’étais avec une voiture beaucoup plus puissante. La régularité consiste aussi de savoir rattraper quelques centaines de mètres, où on a pu être ralenti. Il faut savoir doser, rattraper, ralentir, réaccélérer et maintenir le cap pour avoir une moyenne globale qui reste la moyenne qu’on s’est fixée. Donc c’est un vrai challenge !.
Avez-vous déjà des pistes ou du moins une idée de voiture pour l’édition 2027 du Tour Auto ?
Oui, il y a plein d’hypothèses, parce qu’en fait, il y a plein de voitures… Je vais essayer de rester sur le domaine de la populaire tant que je peux et, si possible une anniversaire, parce que j’aime bien coller aux anniversaires. Alors je n’arriverai peut-être pas tous les ans à être sur un anniversaire. Là c’est la 9ème fois que je colle à un anniversaire. L’année prochaine, oui, il y a plein d’hypothèses, parce que d’abord, comme le Tour Auto a ouvert un petit peu l’éventail des possibilités en termes de date, il y a, par exemple, la Renault R17 Gordini, qui est éligible désormais, ce qui n’était pas le cas avant, il y a la Renault R5 Turbo, il y a donc des voitures des années 70 un tout petit peu plus récentes qu’avant, donc voilà, on va réfléchir, mais il y a des anniversaires, bien sûr. Voilà, il y a plein d’hypothèses !



La Renault Dauphine, une figure du patrimoine français
Est-ce que les jeunes, quand même, savent reconnaître ce modèle et se disent peut-être que je vais en acquérir une, peut-être que ça me donne envie ?



Alors, pas tous. C’est normal, les jeunes sont généralement attirés par les voitures de leur enfance. Ce ne sont pas les voitures de leur enfance, on est bien avant. Mais, il y a de plus en plus de jeunes qui réalisent que l’intérêt des voitures anciennes, c’est d’avoir un véhicule qu’on peut réparer et entretenir, etc. Sur les voitures actuelles, on ne peut pas faire ça parce que les voitures actuelles sont bourrées d’électronique, donc plus compliquées. Mon fils (Oscar ALLAIN), par exemple, quand il a voulu s’acheter sa première voiture de collection, il a choisi une Volkswagen Coccinelle, qui n’est pas du tout une voiture de sa génération. Mais il m’a dit qu’il adorait la Volkswagen Coccinelle, parce que c’est une voiture qui est sympa, qui a une bonne gueule, facile et simple. Il n’y a pas d’électronique, et où on trouve toutes les pièces. Or, effectivement, les voitures très récentes, c’est moins facile, parce qu’il y a beaucoup d’impératifs techniques.
De plus , il y a une incertitude sur le futur : « Est-ce que les pièces seront refabriquées ou pas ? ». Alors que sur des voitures populaires comme la Volkswagen Coccinelle ou la Fiat 500, la Renault 4L, la Citroën 2CV, ce sont les voitures sur lesquelles la plupart des pièces sont disponibles. On peut également « mécaniquer » facilement chez soi. On peut même apprendre, et se faire les mains.
C’est pour ça qu’il y a de plus en plus de jeunes qui s’intéressent aujourd’hui à des voitures qui ne sont justement pas les voitures de leur enfance, mais la voiture de l’enfance de leurs parents, voire de leurs grands-parents, et parfois même, dans certains cas, de leurs arrières-grands-parents, parce que ce sont des autos simples, faciles à entretenir, à réparer. Donc, il y a un changement de phénomène, parce qu’effectivement, moi, je fais partie de la génération qui s’intéresse aux voitures des années 60, parce que je suis né dans les années 60, mais le phénomène est de moins en moins vrai. C’est-à-dire qu’effectivement, les jeunes d’aujourd’hui ne s’intéressent pas aux voitures des années 2000, ils s’intéressent à des voitures souvent antérieures.

Vous participez à cette compétition avec une Renault Dauphine Gordini appartenant au patrimoine Renault. Comment peut-on expliquer l’implication de Renault et The Original Renault ?



Tout d’abord, The Originals Renault correspond au nouveau nom du patrimoine Renault. L’idée est double. Il y a eu la création l’année dernière d’un réseau qui s’appelle The Originals Renault et qui met en relation les agents et les concessionnaires qui ont une sensibilité plus importante que les autres envers le patrimoine. Ce label signifie que les Renault modernes côtoient, mais on s’intéresse aussi les Renault anciennes. C’est une très belle initiative qui prouve aussi que la marque s’intéresse à son patrimoine. Ce n’est malheureusement pas le cas de toutes les marques. Quand ils m’ont proposé de les accompagner en tant qu’ambassadeur, j’ai tout de suite accepté, parce que d’abord j’adore évidemment cette marque-là comme d’autres marques françaises et je pense que là il y a une vraie volonté patrimoniale qui justifie le fait que je suis très heureux de travailler avec eux.
On n’oublie pas la prévision d’un musée Renault qui va avoir le jour à l’usine de Flins, usine d’ailleurs où a été fabriquée la Renault Dauphine, donc c’est plutôt rigolo. C’est génial, parce qu’en gros pour ses 130 ans, Renault va se doter d’un vrai beau musée qui va sortir de terre. Pour l’instant, les véhicules sont stockés à Flins, mais ne sont pas visible du public. Ils sont dans des bâtiments industriels et ne sont disponibles que pour des tournages-presse, donc c’est compliqué. La volonté de faire enfin un vrai musée pour la marque, reste génial, parce que l’histoire de Renault va souffler ses 130 ans, en restant riche et très variée.
Enfin, toutes les voitures qu’on connaît, ayant participé au succès populaires comme la Twingo qui reviennent aujourd’hui à nouveau sur le tapis au travers des Renault Twingo, Renault R5 et Renault R4. La marque surfe un peu sur le néo-rétro comme l’ont fait d’ailleurs d’autres, et ça lui va très bien, parce que c’est des voitures qui ont toujours entraîné la sympathie et l’appétence du public. A titre personnelle, la première voiture neuve que j’ai acheté était une Renault Twingo. C’est la première fois de ma vie où j’ai cassé ma tirelire pour acheter une voiture neuve.

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS – Alexis Ht
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