Le musée de l’automobile de Monaco et la Renault Floride

Le lundi de Pâques, le 1er avril 2024, ABSOLUTELY CARS se rendit au musée de l’automobile de Monaco (ou exposition de la collection de voitures de Son Altesse Sérénissime le Prince de Monaco). Ce musée est remarquable à plus d’un titre. Les voitures exposées couvrent un vaste panel, de la plus ancienne à la plus moderne, de la plus modeste à la plus exceptionnelle, sans oublier les voitures de rallye et de course. De plus, elles bénéficient d’un cadre exceptionnel : voitures suffisamment espacées et éclairage prometteur pour réaliser des selfies par nos jeunes passionnés. L’ensemble de l’exposition ne sera pas dévoilé dans cet article afin que vous ayez la joie de faire des découvertes si vous vous y rendez. Le thème choisi est la marque Renault, une surprise vous attend néanmoins à la fin de l’article.

Le musée de l’automobile de Monaco

La Principauté de Monaco est tout simplement un petit coin de paradis ! Les rues, les trottoirs, les caniveaux sont propres ! Nous sommes très loin du descriptif réalisé par notre ami Pierre Perret dans sa nouvelle chanson « Paris saccagé ». Sans attente et réservation, la visite du musée de l’automobile de Monaco s’effectue en descendant un vaste escalier où nous attendent des voitures somptueusement propres et en très bon état. En remontant, des voitures de rallye et de course sont à découvrir. En sortant, vous voyez le Port Hercule avec ses magnifiques bateaux, la mer et le ciel bleus.

A l’occasion de cette visite, les passionnés nous apprirent que nos articles avaient dépassés 500 000 vues. Nous en profitons pour vous remercier de votre soutien, de nos scans ayant trait aux caractéristiques des automobiles pour rédiger les 4 articles de « Talbot, une saga incroyablement tumultueuse ».

Les Renault Type AX et Type CB, les plus anciennes Renault du musée de l’automobile de Monaco

Les deux plus anciennes Renault du musée datent de 1911. La première est une Renault Type AX. Qualifiée de populaire, cette voiture était destinée à une clientèle aisée (les médecins ou les titulaires d’une chaire professorale par exemple) et soucieuse de ne pas trop dépenser. Le moteur de 1060cm³ (2 cylindres en ligne refroidi par eau et muni de soupapes latérales) n’était pas gourmand et était fiable. Son prix était contenu et la signature de Louis Renault (1877-1944) était présente : exploitation de ses brevets pour la boîte à vitesses manuelle 3 rapports à prise directe et les freins à tambours (implantés à l’arrière). La longueur de son châssis évolua : 1,95m d’empattement entre 1908 et 1909, 2,1m entre 1909 et 1912, 2,37m en 1913. En adoptant une motorisation de 1206cm³ tout en conservant l’empattement de 2,37m, elle changea de dénomination, pour Renault Type EK, et fut fabriquée jusqu’en 1917.

La seconde est une Renault Type CB. Ce modèle est devenu célèbre grâce au film Titanic de James Cameron (1954-….) sorti en 1997 avec Leonardo DiCaprio (1974-….) dans le rôle de Jack Dawson et Kate Winslet (1975-….) dans le rôle de Rose DeWitt Bukater. L’aventure de cette série commença le 22 janvier 1909 dans l’usine de Billancourt avec la Renault Type AZ équipée d’un 4 cylindres de 2413cm³. En 1910, elle fut vendue sous la dénomination Renault Type BZ. En devenant Renault Type CB le 21 décembre 1910, elle conserva le 4 cylindres de 2413cm³ et la boîte à vitesses 3 rapports tout en apportant une touche de luxe grâce à son châssis proposé avec deux empattements conséquents. Le 11 avril 1912, elle fut complétée par la Renault Type CQ équipée d’un 4 cylindres de 2121cm³, rebaptisée Renault Type DM le 16 janvier 1913, quelques exemplaires étant assemblés entre 1915 et 1916 sous la dénomination Renault Type FK.

La Renault Type CB fut remplacée le 16 janvier 1913 par la Renault Type DG. Sa cylindrée fut portée à 2614cm³ et la boîte à vitesses gagna un quatrième rapport. Elle devint plus statutaire. Elle se dénomma Renault Type EF entre 1914 et 1916, puis Renault Type EU entre 1917 et 1921. Cette dernière version ne fut disponible qu’avec un unique châssis, 3,06m d’empattement, puis 3,35m à partir de 1919. Cet ultime changement coïncida avec une croissance de sa cylindrée portée à 2815cm³.

La Renault 6CV, un best seller !

L’aventure de la Renault 6CV commença le 7 juillet 1922. Elle porta plusieurs dénominations, Renault Type KJ jusqu’en 1923, Renault Type KJ-1 entre novembre 1922 et 1924, Renault Type MT (équipée de 4 freins à tambours) entre 1924 et 1926 , Renault Type NN entre 1924 et 1929. Fiable et peu gourmand, son 4 cylindres de 951cm³ muni de soupapes latérales, fut fabriqué à 150 000 unités. Sa puissance évolua au gré de l’amélioration de la qualité de l’essence et du perfectionnement du carburateur. La Renault 6CV ne fut pas réquisitionnable en 1939 du fait que les plus récents exemplaires avaient 10 ans ; elle fut abondamment disponible sur le marché de l’occasion entre 1945 et 1950.

La Renault 4CV, un autre best seller !

Le 3 octobre 1946 lors du Salon de l’automobile de Paris, fut présentée la Renault 4CV. Le 12 août 1947, le premier exemplaire sortit du site industriel de Billancourt. Cette petite merveille fut la voiture la plus vendue en France entre 1949 et 1955, la première à dépasser le million d’unités. Elle fut produite jusqu’au 6 juillet 1961 à 1 105 547 exemplaires. Son empattement était de 2,1m pour une longueur comprise en 3,61m et 3,64m. Dotée d’une suspension à 4 roues indépendantes, d’un 4 cylindres en ligne muni de soupapes en tête et implanté longitudinalement à l’arrière, cette citadine 4 portes donna naissance à de nombreuses voitures : la Renault Dauphine et sa variante luxueuse, la Renault Ondine, le duo Renault Floride/Caravelle, le duo Renault 8/10.

En 1949, une Renault 4CV fut engagée aux 24 Heures du Mans, pilotée par Maurice Roger et Camille Hardy. Son moteur tint 22h31. En 1950, quatre Renault 4CV furent engagées. La n°46, pilotée par Jean Sandt et Hervé Coatalen, finit 24ème au général, 1ère dans la catégorie 751 à 1100cm³. La n°48, pilotée par Jacques Lecat et Louis Pons, finit 25ème au général, 2ème dans la catégorie 751 à 1100cm³. La n°45, pilotée par Roger Eckerlein et Just-Emile Vernet, finit 27ème au général, 3ème dans la catégorie 751 à 1100cm³.

En 1951, six Renault 4CV R1063 furent engagées aux 24 Heures du Mans. Pour obtenir 32ch SAE à 5000tr/mn, le taux de compression fut porté à 8,2:1 et un carburateur double corps Solex fut monté. La n°50, pilotée par André Briat et François Landon, finit 23ème au général, 1ère dans la catégorie 501 à 750cm³. La n°54, pilotée par Jacques Lecat et Henri Senffleben, finit 26ème au général, 4ème dans la catégorie 501 à 750cm³. La n°53, pilotée par Jean Pairard et Just-Emile Vernet, finit 28ème au général, 6ème dans la catégorie 501 à 750cm³.

En 1952, six Renault 4CV R1063 furent engagées aux 24 Heures du Mans. Pour obtenir 35ch SAE à 5500tr/mn, le taux de compression fut porté à 8,4:1. La n°68, pilotée par Ernest de Regibus et Marius Porta, finit 15ème au général, 3ème dans la catégorie 501 à 750cm³. La n°67, pilotée par Jean Rédelé et Guy Lapchin, finit 17ème au général, 5ème dans la catégorie 501 à 750cm³. La Renault 4CV R1063 fut fabriquée à 80 exemplaires.

La Renault Floride de Son Altesse Sérénissime la Princesse Grace de Monaco

L’élégante et discrète Renault Floride entra en production en juin 1959. A cette époque, la Renault 4CV, la Renault Dauphinoise et les Renault Frégate/Domaine/Manoir commencèrent à ne plus intéresser grand monde. Les ventes furent assurées uniquement par la Renault Dauphine. La future limousine Renault Rambler, fabriquée entre 1962 et 1967 dans l’usine de Haren-Vilvoorde en Belgique, n’étant pas à la portée de toutes les bourses, représentera un volume de production anecdotique. Pour les personnes nées entre 1930 et 1940, la Renault Floride représentait la quintessence de la voiture chic à la française.

Les tôles furent embouties chez Chausson et assemblées chez Brissonneau & Lotz pour donner naissance à une belle carrosserie qui fut dessinée par le génial Pietro Frua (1913-1983). La Renault Floride était équipée d’un couvercle s’ouvrant vers l’avant donnant accès à un coffre d’un volume de 240 litres. Deux versions furent disponibles : coupé 4 places et cabriolet 4 places avec hard-top optionnel. Sa plateforme provenait de la Renault Dauphine, l’empattement de 2,27m étant conservé. Des renforts de rigidification furent installés sous les seuils de portes et le long des longerons.

Destiné au marché européen, le coupé Renault Floride exploita un 4 cylindres Billancourt Ventoux de 845cm³ (avec un taux de compression de 8:1) implanté en position longitudinale arrière et accouplé à une boîte à vitesses 3 ou 4 rapports. Sa puissance était exprimée en chevaux DIN. Très rapidement, fut adoptée une suspension plus performante dénommée « Aérostable ». Dès septembre 1961, fut monté le répartiteur de freinage. Le coupé Renault Floride fut retiré du marché en mars 1962.

Le cabriolet Renault Floride était techniquement proche du coupé. En mars 1962, il adopta le moteur « Sierra » beaucoup plus connu sous l’appellation « Cléon-Fonte ». Sa cylindrée fut portée à 956cm³ et son taux de compression à 9,5:1. Le radiateur, situé entre l’habitacle et le moteur, fut réimplanté à l’arrière. La boîte à vitesses 3 rapports ne fut pas reconduite. Les 4 freins à disques furent retenus. Le cabriolet Renault Floride fut retiré du marché en octobre 1963.

Pour assurer la promotion de cette nouvelle voiture, la RNUR (Régie Nationale des Usines Renault) offrit un cabriolet Renault Floride de couleur « blanc Kilimandjaro » à Brigitte Bardot (1934-….). Elle fut livrée à Nice en août 1959, pendant le tournage de Voulez-vous danser avec moi ?. Le même mois, Son Altesse Sérénissime la Princesse Grace de Monaco (1929-1982) reçut également un cabriolet de couleur « vert Bornéo » équipé d’un hard-top. Cette voiture est exposée dans le musée de l’automobile de Monaco, un véritable petit bijou !

A partir de décembre 1959, les coupé et cabriolet Renault Floride furent livrés aux premiers clients nord-américains sous la dénomination Renault Caravelle. La puissance des motorisations était exprimée en SAE gross. En mars 1962, le pavillon du coupé prit une forme plus rectangulaire pour offrir une meilleure habitabilité aux places arrière. A partir de l’année-modèle 1963 (jusqu’en 1966), la longueur de la Renault Caravelle version US était de 4,32m au lieu de 4,26m. En octobre 1963, la cylindrée fut portée à 1108cm³ et le taux de compression, ramené à 8,5:1. Le hard-top prit la forme du pavillon du coupé. En août 1965, fut adopté un carburateur double corps Weber 32 DIR 3. Pour la première fois, le temps pour réaliser le 0 à 100km/h fut communiqué par le constructeur : 20,5 secondes. En juillet 1968, la Renault Caravelle fut retirée du marché. Le duo Renault Floride/Caravelle fut assemblé à 117039 exemplaires, un beau succès commercial !

L’Alpine Renault A110 1600S du musée de Monaco, sublime !

Est-il nécessaire de présenter l’éminent bijou conçu par Jean Rédelé (1922-2007), le pilote de la Renault 4CV R1063 n°67 des 24 Heures du Mans 1952 ?

La Renault 5 Maxi Turbo de 1985, fruit de la passion !

La surprise, une Leyat Hélica de 1921, un avion sans ailes !

Marcel Leyat (1885-1986) fabriqua en 1913 son premier « avion sans ailes » dénommé Hélicocycle muni d’une roue directionnelle arrière. Il récidiva en 1915 avec un exemplaire amélioré. Une production en très petite série se concrétisa entre 1919 et 1932, les deux roues directionnelles arrière étant adoptées, ainsi que des freins à tambours montés à l’avant. La plupart d’entre eux furent nommés Leyat Hélica, quelqu’es-uns se dénommèrent Archer Hélica et Archer Eolia. Le dernier exemplaire produit, en 1932, se nomma Leyat Hélicron 2, les 4 freins à tambours étant présents.

Article co-écrit par : ABSOLUTELY CARS & CARDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives


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